Renée Vivien rééditée par ErosOnyx

Les éditions ErosOnyx publient deux ouvrages de Renée Vivien : l’occasion de revenir sur la courte vie d’une des plus prolifiques auteures lesbiennes.

 

renée vivien lyon heterocliteAprès Netsuké (paru en début d’année), les éditions ErosOnyx s’apprêtent à publier en novembre un autre roman de Renée Vivien, L’Être double. Sortis en 1904, ces deux livres permettent de revenir sur la courte vie d’une des plus prolifiques auteures lesbiennes. Renée Vivien, de son vrai nom Pauline Mary Tarn, naît en 1877 à Londres. Quand son père meurt, elle hérite d’une fortune qui la laissera à l’abri du besoin jusqu’à sa mort… à trente-deux ans. Sa vie sera courte mais intense et remplie de romantisme et de poésie. Installée à Paris dès sa majorité, elle trouvera dans ses nombreux voyages (au Japon, en Turquie, en Grèce…) l’inspiration nécessaire à son écriture, comme un exutoire à ses tendances mélancoliques. De la Grèce, justement, elle garde un profond attachement et fait construire une maison à Mytilène, sur la fameuse île de Lesbos. De 1902 à 1907, elle partage la vie d’une femme mariée, la baronne Hélène de Zuylen. Cette liaison, à la fois clandestine et connue de tous, stable et passionnée, renforce les obsessions de Vivien : le perpétuel combat entre le bien et le mal, la joie et la douleur à jamais liées. Ensemble, elles écrivent quatre ouvrages sous le pseudonyme de Paule Riversdale : Vers l’amour, Échos et reflets, L’Être double et le recueil de contes extrême-orientaux Netsuké, reflet d’un amour sacré, bientôt perdu. Petit taquet sculpté dans le bois ou l’ivoire et servant à retenir les objets suspendus aux ceintures des kimonos, un netsuké est entièrement à l’image du Japon et des récits ici réunis : il vise à représenter le grand et l’éternel dans le détail et l’éphémère. Puisant leur inspiration dans les contes chinois et japonais, les deux femmes ont laissé libre cours à leur imagination, mais ce sont bien les songes de Renée qu’on lit. Quittée trois ans plus tard par sa baronne, abandonnée par sa nouvelle amante, humiliée et épuisée par les ragots des commères parisiennes, elle finira sa vie en vraie romantique : après un suicide raté au laudanum, son désir d’absolu la mena à la maladie chronique puis à la mort.

Netsuké de Renée Vivien (éditions ErosOnyx)

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