“Garçonne” d’Elsa Imbert : du genre difficile

En cette fin d’année, la Comédie de Saint-Étienne pense aux parents, oncles et tantes désemparés devant l’excitation grandissante des enfants à l’approche de Noël et propose Garçonne, un spectacle jeune public qui raconte l’histoire insolite de Simon.

Simon, le héros de Garçonne, fait la fierté de son père, boucher de profession: il est le huitième enfant de la famille et succède à sept filles. Mais Simon partage un secret avec sa mère : comme ses sœurs, Simon est une fille. Or, lors d’une escapade au bord du lac, alors que Simon est âgé de sept ans, le boucher découvre la supercherie et abandonne son enfant dans la forêt. Livrée à elle-même, la petite fille va alors faire la rencontre d’un loup pas comme les autres.

Empruntant à l’esthétique fantastique du conte, la pièce bouscule les conventions du genre en faisant notamment du loup un être plus complexe que d’ordinaire. Il ne s’agit non plus seulement de l’incarnation du mal et des peurs mais d’un personnage sensible qui aide Simon à retrouver son chemin et à infléchir la décision du boucher de ne plus revoir son enfant. Néanmoins, avec l’esthétique du conte, viennent aussi des personnages stéréotypés un peu trop binaires. La mère, bien qu’incarnée par un homme, passe son temps à plier du linge alors que le père, d’une bêtise crasse, accumule les clichés machistes au-delà du vraisemblable. Il finira d’ailleurs affublé d’une robe en signe d’ultime humiliation. Le loup, quant à lui, figure du prédateur sexuel, ne s’en prend pas à Simon parce qu’elle n’est pas assez «féminine».

Garçonne elsa imbert heteroclite copyright Jean-Louis Fernandez

On doute alors de la pertinence de la pièce à renverser les codes de genre. Malgré la morale finale, appel un peu faible à la tolérance et à la remise en cause des carcans que les assignations de genre peuvent représenter dans le développement des enfants, Garçonne semble s’emmêler les pinceaux avec les représentations de la masculinité et de la féminité sans réellement réussir à les mettre en perspective.

Garçonne
Du 17 au 19 décembre à la Comédie de Saint-Étienne, 4 avenue Émile Loubet-Saint-Étienne / 04.77.25.14.14 / www.lacomedie.fr
Les 13 et 14 janvier à la Maison de la Culture Le Corbusier, 32 rue Jean Jaurès-Firminy / 04.77.61.08.72
Vendredi 16 janvier au TNG, 23 rue de Bourgogne-Lyon 9 / 04.72.53.15.15 / www.tng-lyon.fr

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