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Fake, ou quand Dave St-Pierre se confronte à Céline Dion

Désireux d’abolir la hiérarchie des cultures, le chorégraphe québécois Dave St-Pierre confronte, dans son spectacle Fake, sa propre création artistique à celle de la diva du Grand Nord, Céline Dion.

 

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Le Québec serait-il en train d’ourdir dans le plus grand secret un complot destiné à faire de Céline Dion la dernière coqueluche des hipsters, entre la bicyclette vegan et la chemise à carreaux sans gluten ? Ou bien la création indé québécoise chercherait-elle à se faire nouvelle pour que le feu reprenne ? Quoi qu’il en soit, alors que l’état de santé de René, son manager de mari, est au plus bas, la chanteuse bénéficie d’un regain d’intérêt de la part d’artistes apparemment aux antipodes de son univers. Après Xavier Dolan, qui utilise le titre On ne change pas pour magnifier la communion ambiguë de son trio de personnages dans Mommy, Dave St-Pierre s’apprête à monter en première mondiale, à la Maison de la Danse, Fake, spectacle qui s’annonce comme une «rencontre fantasmée entre le trasheur professionnel et la reine incontestée des chanteuses québécoises à voix». Le danseur et chorégraphe n’aurait-il plus de sève, plus rien à donner, pour délaisser l’univers provocateur de sa précédente trilogie (Une pornographie des âmes, Un peu de tendresse bordel de merde ! et Foudres) au profit de celle qui prie pour tous les hommes de lumière qui font la guerre à la guerre ? La démarche semble un brin plus complexe. Alors qu’en seulement quelques années, Dave St-Pierre a acquis le statut d’artiste incontournable de la danse contemporaine internationale, il souhaite remettre en cause la hiérarchie des cultures en confrontant les notions d’art contemporain et de divertissement. En optant pour la provocation et la nudité dans ses spectacles, Dave St-Pierre estime qu’il cède d’une certaine façon aux sirènes de la production commerciale, sans que pour autant son statut d’artiste lui soit dénié. Il se demande alors ce qui le différencie tant de la diva du Grand Nord, dont il juge la démarche artistique authentique. Empruntant à l’esthétique kitsch et faisant appel au transformiste Alexandre Lavigne (qui incarne Céline Dion sur scène), le chorégraphe tente ainsi de mettre au jour les faux-semblants de la création artistique (d’où le fake du titre) et de dénoncer une conception élitiste de la culture.

Fake
Les 4 et 5 février à la Maison de la Danse, 8 avenue Jean Mermoz-Lyon 8 / 04.72.78.18.00 / www.maisondeladanse.com
Les 27 et 28 mai à la Comédie de Valence, place Charles Huguenel-Valence / 04.75.78.41.70 / www.comediedevalence.com

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