Dodo

Une Métropole de Lyon bien peu paritaire

Les hommes sont surreprésentés dans l’exécutif de la nouvelle Métropole de Lyon, tandis que les femmes sont, pour la plupart, cantonnées dans des fonctions «solidaires» et sociales.

Quinze sur quarante-six : telle est est la proportion de femmes au sein de l’exécutif de la Métropole de Lyon, les hommes accaparant presque 70% des vice-présidences et délégations de la nouvelle collectivité qui a vu le jour le 1er janvier dernier. Si, dans le cadre de la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes au sein de la vie locale, la Ville de Lyon s’est engagée en 2012 à assurer une participation équilibrée des deux sexes aux prises de décisions locales, il en va donc différemment au sein de la Métropole, ce dont s’insurgent, via un communiqué de presse, plusieurs associations féministes locales (Osez le féminisme, La Barbe, H/F Rhône-Alpes, Femmes solidaires…) et des partis politiques de gauche (Europe Écologie-Les Verts, Ensemble !, le GRAM, le Parti de gauche et le Parti communiste français).

Selon la députée (UMP) Dominique Nachury, le sénateur-maire (et président de la Métropole de Lyon) Gérard Collomb aurait expliqué que «la parité rendrait l’accès à une vice-présidence moins aisée pour les nombreux hommes maires de leur commune et conseillers communautaires, qui se verraient ainsi lésés». Les militant-e-s féministes constatent également que, parmi les sept pôles d’activité de la Métropole, les femmes ont massivement été désignées pour occuper celui des “Développements solidaires et actions sociales”. «Devons-nous comprendre qu’à la Métropole de Lyon, les compétences de la gent féminine se limitent aux domaines de la famille, du soin et de l’éducation ?», s’interrogent les signataires du communiqué.

«Sur la bonne voie»

michele jullien maire de dardilly heteroclite vice-presidente métropole de lyonMichèle Vullien, maire centriste de Dardilly et vice-présidente de la Métropole de Lyon, réfute ces critiques : «en tant que femme, je suis évidemment favorable à l’idée de parité, et je pense sincèrement que nous sommes sur la bonne voie. Mais en tant que deuxième vice-présidente en charge de la Métropole, ce qui n’est pas rien, je n’ai pas le sentiment d’être malmenée ! Et je rejoins M. Collomb quant aux risques que comporterait une obligation de parité, les femmes étant tout simplement moins nombreuses à se présenter. L’obtention d’une représentation parfaite des sexes ne doit pas s’effectuer au détriment d’hommes compétents.

C’est d’ailleurs grâce à Gérard Collomb que j’occupe cette fonction aujourd’hui, tandis qu’à l’époque de M. Raymond Barre, il n’y avait aucune femme jouissant de ce titre. Par ailleurs, le pôle «Développements solidaires et actions sociales» englobe des secteurs tels que le bâtiment, ou encore la voirie, qui ne me semblent pas être spécialement féminins… Les femmes doivent simplement ne pas avoir peur de s’engager !». Si l’égalité entre femmes et hommes est donc encore loin d’être une réalité au sein de la Métropole, il ne pourra pas en être éternellement ainsi : la nouvelle collectivité aura l’obligation de présenter un exécutif paritaire en… 2020.

 

Photo 1 : le siège de la Métropole, dans le troisième arrondissement de Lyon © J. Leone
Photo 2 : Michèle Vullien

1 commentaire

  • Fargeat

    Arrêtez-moi si je me trompe mais la parité, personne n’en a “besoin” et le seul moyen de la mettre en place d’une manière ou d’une autre ferait ressembler votre précieuse collectivité à un régime totalitaire. Je rejoins mme Vullien qui sait manifestement de quoi elle parle.

    En fait, avec les raisons qu’elle donne, je me demande pourquoi cet article a été écrit et pourquoi il y a des gens qui tiennent à la “parité”. Parité et égalité sont deux différentes choses.

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