Dodo

Mille et une Nuits Sonores s’invitent à Lyon

Non, la production électro mondiale ne se résume pas à une poignée de labels européens. Les Nuits Sonores nous le prouvent en nous emmenant un peu plus loin que ne le ferait un simple vol Easy Jet pour Berlin.

Dans la programmation de la treizième édition des Nuits Sonores, il y a bien sûr des producteurs berlinois cools qui dorment au Berghain (comme Marcel Dettmann), notre Lolo Garnier, un roi barbu de la techno sombre (Rødhåd), Jamie XX qui file son bonhomme de chemin tout seul comme un grand, le génial Daniel Avery ou notre fierté nationale Brodinsky. Mais le festival de musiques électroniques nous propose également d’aller au-delà de ces têtes d’affiche (qu’il serait vraiment dommage de bouder) et de quitter Londres, Berlin et Paris. Car oui, on a tous soif de beats venus d’ailleurs, de groove exotique et d’électro métissée !

Place donc à la Beyonce de Nuits Sonores 2015 : Kelela. Son credo ? D’abord, se raser la moitié de la tête pour bien nous faire comprendre que, même si sa voix a pu être comparée à celle de Janet Jackson, ce n’est pas une poupée prête à nous montrer un bout de ses seins. Son truc à elle, ce serait plutôt de mélanger le R’n’B clinquant des Destiny’s Child à des rythmes hip-hop guerriers ou à du dubstep.

Pour du métissage musical encore plus fou, il faudra se tourner vers le groupe Batida. Son leader, Pedro Coquenão, né en Angola et vivant actuellement au Portugal, proposera un set mêlant vidéo, sample, électro, danse, musique angolaise (la semba) et réflexion politique. Enfin, la venue de The Pyramids, groupe afro-américain des années 70, précurseur dans la recherche d’un son tribal et ancestral, viendra bousculer la jeunesse électronisée. Les papys éthno-psyché-jazzy devraient nous apprendre ce qu’est la transe !

Embarquement immédiat

Nuit 1, halle 3. Embarquement. Boris K et Mehmet Aslan nous ouvrent grand les portes de l’Orient. En se partageant les platines, ils se réapproprient le patrimoine musical turc pour le fondre avec l’électro des teufeurs, la house et même, par certains accents, le disco. L’Égypte et le Liban seront ensuite à l’honneur avec la rencontre de Zeid Hamdan (leader du groupe trip-hop Soap Kills) et de la chanteuse Maryam Saleh : lui aux machines et la guitare, elle en transe derrière son micro. Ce duo s’appelle Halawella et revisite les chants contestataires égyptiens des années 70.

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La nuit se terminera en fanfare avec un dernier vol pour Oran : rendez-vous avec Mazalda (et tout son bazar), qui invite le charismatique chanteur Cheb Lahkdar, avec lequel il nourrit une passion commune pour le raï et pour les expérimentations sonores. Ces dernières sont-elles compatibles avec une musique traditionnelle ? Mazalda et son acolyte ne se posent pas la question et nous invitent tous et toutes à partager leur trip !

 

Nuits Sonores, du 13 au 17 mai à Lyon / www.nuits-sonores.com

 

Photo 1 : Kelela
Photo 2 : Halawella

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