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Les Ballets Trockadero de Monte-Carlo dynamitent les conventions

En faisant interpréter les pièces les plus emblématiques du répertoire de la danse classique par des hommes, les Ballets Trockadero de Monte-Carlo bousculent les assignations de genre.

Ballets Trockadero de Monte-Carlo swan lake le lac des signes copyright Sascha VaughnÀ l’instar des Ballets C de la B, les Ballets Trockadero de Monte-Carlo ont opté pour un nom à la consonance institutionnelle, manière de mettre en exergue leur dimension parodique. Créée dans les années 1970, la compagnie new-yorkaise, surnommée Les Trocks, voit le jour sous l’impulsion d’un groupe de danseurs de ballets qui souhaitent appréhender les pièces emblématiques du répertoire de la danse classique par le biais de l’humour. En effet, existe-t-il univers plus normé et normatif que celui du ballet, avec sa hiérarchie stricte, sa compétition pour les rôles prestigieux, sa binarité exacerbée entre danseuses et danseurs ?

En présentant une troupe uniquement composée d’interprètes masculins, les Ballets Trockadero de Monte-Carlo viennent bousculer cette conception figée. À travers l’esprit potache et la plaisanterie du travestissement, la troupe remet en question un ordre établi auquel se plie tout interprète qui souhaite faire carrière dans le ballet. Derrière l’aspect cocasse qu’il y a à découvrir de grands garçons musclés et outrageusement maquillés enchaîner les mouvements sur Le Lac des cygnes de Tchaïkovski en tutus et chaussons de danse, se cache une véritable réflexion sur la place des corps et l’assignation de genre.

Trois pièces à la Maison de la Danse

En cela, la maîtrise technique des gestes et des figures est une donnée essentielle au fonctionnement du concept des Trocks. Les interprètes connaissent les codes qu’ils détournent et leur impact n’en est que plus fort. À la Maison de la Danse, outre Le Lac des cygnes, les danseurs présenteront Esmeralda, ballet inspiré de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo, dans lequel les rôles masculins sont tenus par des danseurs plus petits que ceux incarnant les rôles féminins, jouant là encore avec les stéréotypes de genre. Enfin, on notera que les Trocks s’ouvrent également à la danse contemporaine en proposant leur version d’une pièce de Merce Cunningham, Patterns in Space. Doit-on y voir une manière pour les New-Yorkais de souligner que la normativité induite par l’assignation de genre n’est pas l’apanage des ballets du XIXe siècle ?

 

Les Ballets Trockadero de Monte-Carlo, les 19 et 20 décembre 2017 au Phare, 800 avenue du Grand Arietaz – Chambéry / 04.79.60.13.13 / www.le-phare-chambery-metropole.fr

 

Photos © Sascha Vaughn

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