Mark Ravenhill nous entraîne au fond de la “Piscine (pas d’eau)”

Avec Piscine (pas d’eau), le dramaturge britannique Mark Ravenhill explore avec cruauté les faux-semblants de l’amitié dans une communauté d’artistes.

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En février, les Célestins accueillent les pièces de deux auteurs dramatiques gays. Si le nom de Bernard-Marie Koltès trouve un large écho parmi le public français, Le Retour au Désert (comédie créée pour Jacqueline Maillan à la fin des années 1980) est une pièce méconnue et singulière dans l’œuvre du dramaturge, à laquelle Arnaud Meunier (directeur de la Comédie de Saint-Étienne) offre un coup de projecteur bienvenu (du 3 au 11 février). Le Britannique Mark Ravenhill jouit quant à lui d’une notoriété moindre de ce côté-ci de la Manche. Le public lyonnais a pourtant pu découvrir Shopping and Fucking (son premier succès, créé en 1996) au théâtre Les Ateliers en 2007 et les courts textes de War and Breakfast, montés et interprétés par les étudiants de la soixante-treizième promotion de l’ENSATT, en juin 2104 aux Subsistances. Homosexuel et séropositif out, Ravenhill a pour habitude de conspuer dans ses pièces l’hypocrisie de la bourgeoisie et le système capitaliste, tout en abordant de manière frontale les questions de sexualité. Dans Piscine (pas d’eau), mis en scène par Cécile Auxire-Marmouget, il s’attaque au monde de l’art contemporain en s’inspirant de l’histoire de la photographe américaine Nan Goldin. Un groupe d’artistes prend la parole après la mort accidentelle – suite à une chute dans une piscine vide – de celle d’entre eux qui avait le mieux réussi. Se disent alors les rancœurs, les rivalités, les faux-semblants. Son succès, la défunte le devait notamment à un projet, intitulé HIV, qui suivait la longue agonie d’un de leurs amis, lui aussi artiste. Se nourrissant du malheur de ses membres, le groupe semble alors les vampiriser, les poussant à la compétition les uns contre les autres et les rendant incapables de se réjouir de la réussite de l’un des leurs sans en éprouver de l’amertume. Et si au final, ce microcosme décrit par Ravenhill n’était que le reflet (chloré) de la société capitaliste ?

Piscine (pas d’eau), du 3 au 13 février aux Célestins, 4 rue Charles Dullin – Lyon 2 / 04.72.77.40.00 / www.celestins-lyon.org

 

Mark Ravenhill en six dates
1966 : Naissance le 7 juin en Angleterre
1996 : Shopping and Fucking
1997 : Directeur littéraire de la compagnie Paines Plough
2003 : Directeur artistique du Royal National Theatre de Londres
2006 : Piscine, pas d’eau
2011 : Ten Plagues – A Song Cycle, spectacle musical qui évoque notamment le sida par le biais de la grande peste de Londres de 1665

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