Dodo

Le Positive Education Festival fait l’école buissonnière

Après une édition zéro couronnée de succès, le collectif Positive Education, qui depuis 2012 fait la pluie et le gros temps sur les nuits stéphanoises, passe la première : investissant le moindre recoin bétonné de la ville, son festival accueillera quatre soirs durant l’élite des musiques moites.

Ce n’est pas le sous-sol du Berghain, mais il y a un air (humide et chargé d’électricité, l’air) : quand le collectif Positive Education investit le Musée de la Mine, et plus particulièrement sa «salle des pendus», il rend à la musique électronique un peu de la glorieuse décadence prolétaire qui fut jadis la sienne. Pour la première «vraie» édition de son festival, ce n’est malheureusement pas à l’ombre les mineurs de chiffon et des chaînes rouillées que danseront les amateurs de pulsations fortes, mais dans tout ce que la ville compte d’enceintes strictement culturelles, de la Cité du Design à la friche Ursa Minor en passant par le Palais des Beaux-Arts, le Fil ou le Palais des Spectacles – dont la forme évoque le genre de bonnet de bain que pourrait porter Cher. Qu’à cela ne tienne, sa programmation fait largement le taf question hantise métallique.

Ère du commun oblige, Positive Education recevra notamment les émissaires de groupuscules poursuivant une similaire et nécessaire œuvre d’abâtardissement de la techno. Ainsi des intraitables sapeurs lyonnais de CLFT et BFDM, du trio extensible Livity Sound, nouveau fer de lance de l’avant-gardisme expérimental made in Bristol, ou des chantres de la fiesta périurbaine d’Intramuros et SNTWN, basés en Île-de-France.

Que du lourd

Côté kick au singulier, le Positive Education Festival n’affiche quasiment que du lourd, dans la frappe comme dans la notoriété, avec le Berlinois Ancien Methods, qui anticipa dès 2007 le retour en grâce de la chose industrielle, le vétéran londonien Surgeon, redécouvert suite à ses radicales panouilles en première partie de Lady Gaga, le pionnier grenoblois The Hacker pour son très classieux projet new wave, le wonder boy Bambounou, caution hexagonale de la clique Modeselektor, ou l’Italien Not Waving, qui relit le post-punk à la lueur blafarde des néons des usines pétrochimiques.

Cerise sur le gâteau de suie, seront de la party les légendaires Cabaret Voltaire (ou plutôt le légendaire, Richard H. Kirk étant désormais seul aux commandes), dadaïstes à col noir qui, du mitan des années 70 à celui des 90’s, préfigurèrent toutes les musiques qui se dansent la mine fermée et le bassin tendu vers son prochain (cold wave, techno, IDM…). We don’t need no education, paraît-il, but we definitely need Positive Education.

 

Positive Education Festival #1, du 9 au 12 novembre à Saint-Étienne / www.facebook.com/PositiveEducationMusic

 

Photo : Surgeon © Anthony Child

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