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Small sizing : Pourquoi l’industrie de la Mode s’entête ?

Chaque année, les rapports se succèdent avec les mêmes constats : une femme qui porte une taille S aura 20 fois plus de choix en boutique qu’une femme qui fait une taille L. Pourquoi ce small sizing de la part de l’industrie de la mode ? 

Or, c’est cette dernière qui est la plus vendue en France. Quatre Françaises sur dix s’habillent dans des tailles allant du 44 au 56. Chez les hommes, on constate une offre quasi inexistante dès lors que vous sortez des standards : à vous pantalons et chemises trop courts, vestes serrées et mal coupées. Le marché des grandes tailles est tout simplement inexploité. 

Morphologie naturelle : pourquoi tant de haine ? 

Premier problème : il n’y a pas, à ce jour,  d’uniformisation obligatoire des tailles. Chaque marque fait comme elle le sent. Ainsi, une taille 38 chez Zara ne sera pas du tout la même chez son concurrent H&M. Ceci est non seulement source de confusion pour les consommateur·ices, mais aussi très déstabilisant pour celles et ceux qui ont du mal à appréhender leurs corps. 

Second problème, encore plus profond : nombreuses sont les marques qui ne produisent pas de grandes tailles, car convaincues que là ne sera pas leur clientèle. Certaines craignent aussi pour leur image, qu’elles veulent garder exclusive et « premium ».  On voit ici encore une fois les conséquences de l’ode à la minceur qui règne au sein de l’industrie. 

Cette politique peut être comparée à celle de l’industrie du cinéma, qui pendant des années ne mettait pas d’acteur·ices issu·es de la diversité en premier rôle, ou encore à l’industrie cosmétique, qui ne proposait pas des gammes de maquillages pour toutes les carnations de peaux. Le succès des superproductions américaines comme Black Panther, Crazy Rich Asians ou la ligne de cosmétique Fenty Beauty par Rihanna ont depuis prouvé à quel point c’était une erreur. 

Vêtements mal taillés, drame écologique 

La surproduction textile des vêtements de petites tailles contribue au réchauffement climatique et à la pollution de nos sols. Nombre de ces vêtements, qui ne seront pas vendus, seront détruits ou finiront dans des poubelles ouvertes aux quatre coins du monde.

Plus encore, la non-standardisation des tailles pousse à la surconsommation. Combien de fois avons-nous acheté un jean de la mauvaise taille sans vraiment s’en rendre compte ? Ce phénomène se renforce avec l’avènement du e-commerce, qui nous permet d’acheter, de commander, de renvoyer sans frais et de recommencer. 

Alors quelle solution ? 

Il est dommage que l’industrie de la mode ne se nourrisse pas assez de la diversité de ses consommateur·ices : petit·e, grand·e, mince, moins mince, pour pouvoir développer des collections qui satisferaient tout le monde. L’urgence écologique, couplée à un réel changement des mentalités, permettront probablement de modifier ces mauvaises habitudes. 

© Illustration de Cyril Vieira da Silva

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