En huit éditions, Nuits sonores s’est imposé comme le festival des musiques électroniques indé et branchées. Mais on peut avoir le sentiment d’être complètement perdu à la lecture de sa programmation… Besoin d’un peu d’aide pour s’y retrouver ?

Du 1er au 5 juin, Lyon sera une nouvelle fois envahie par des clubbers à lunettes noires, des jeunes branchés hyperactifs et des festivaliers qui ne s’habillent qu’en vintage. Mais laquelle des Nuits choisir, quand on a eu l’impression de danser sur de la musique électronique pour la dernière fois en 1994 sur The Rhythm Of The Night ? Déjà, pour vraiment paraître dans le coup, on ne dit pas « les Nuits sonores » mais « Nuits sonores », sans article. Ensuite, gardons à l’esprit que la neuvième édition de ce «French indie & electronic festival» connaîtra son lot de nouveautés tout en conservant ses fondamentaux : trois nuits au Marché Gare, l’inauguration à la piscine du Rhône, le circuit électronique dans toute la ville…

Des revenants qui font toujours plaisir

La programmation a elle aussi ses incontournables. Retenez donc la phrase-type pour frimer : «encore Laurent Garnier et Agoria !». Car oui, ils sont là chaque année. Et pourtant, cette fois-ci, on a hâte de revoir Agoria, qui présentera sur ses terres son dernier album, Impermanence, alternance de plages lumineuses et de titres dansants. Sa présence est donc pleinement légitime et c’est l’occasion parfaite de le découvrir pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore.

Et si vous vous sentez dépassés à la lecture du reste de la programmation, toujours vertigineuse, sachez que choisir une soirée en fonction du label constitue une bonne stratégie. DFA, Warp, ou, plus localement, les Lyonnais de Bee Records et Galacticut, sont des labels exigeants, avec dans leurs écuries des artistes qui ont de bonnes chances de nous faire oublier le mégamix de Corona, qu’il s’agisse de Shit Robot (Nuit 1), de Miso Soup, d’Aphte Punk (circuit électronique) ou de Battles (Nuit 2 et inauguration). Si ce groupe américain a signé chez les Britanniques de Warp, c’est non seulement un gage de qualité, mais c’est aussi que l’influence de la musique électronique sur leurs productions est évidente.

Vétérans et jeunes recrues

Comme chaque année, la programmation réunit nouveaux venus de la scène électro ou indé et grands noms déjà établis. Parmi ces derniers, The Sonics, Tortoise ou encore, pour l’électro, Dj Shadow, figure emblématique du mouvement abstract hip-hop depuis Endtroducing, son incroyable album de 1996 dont on espère quelques pépites en live lors de la Nuit 1. Inévitable également, la présence du duo M.A.N.D.Y., qui nous a offert les meilleurs remixes de Röyksopp ou de Fischerspooner, mais qui est aussi pointu dans son propre genre : l’électro-house.

On peut aussi, à l’inverse, choisir de bouder les dinosaures de cette édition 2011. Dans ce cas, rendez-vous lors de la Nuit 4 avec le duo The Shoes. Ces petits génies rémois ont la cote : Shakira a récemment fait appel à eux pour son tube Loca, tout comme Gaëtan Roussel pour son album Ginger. Ils ont sorti cette année leur premier album, Crack My Bones, mélange brillant de pop et d’électro, intelligent et léger.

Ils lustreront à merveille la piste de danse qui sera ensuite fin prête pour Discodeine, un duo qui relance le disco en l’agrémentant de house et de pop. Son premier album, homonyme, est conçu pour le dancefloor mais parle aussi aux geeks de l’électro grâce à sa réalisation minutieuse. Discodeine n’est sorti qu’en février 2011 : on a donc le droit de ne pas (encore) le connaître. Nuits sonores, c’est aussi ça finalement : le mariage réussi de têtes bien connues et de découvertes souvent passionnantes.

www.nuits-sonores.com

 

 

À écouter en attendant Nuits sonores…

Tortoise, TNT, Thrill Jockey, 1998
Röyksopp, Melody AM, Wall of Sound, 2001
Mono, Hymn to the immortal wind, Conspiracy Records, 2009
Miso Soup, That’s the way the cookie crumble, Bee Records, 2010
Nicolas Jaar, Space is the Only Noise, Circus Company, 2011

 

 

Le programme

– l’Inauguration_ le 1er juin de 18h à 23h
– Mini Sonore_ le 1er juin de 16h à 18h et du 2 au 5 juin de 12h à 20h
– les Apéros sonores_ du 2 au 4 juin de 14h30 à 21h30
– la Carte Blanche à Tokyo_ du 2 au 4 juin de 14h à 20h30 et les 3 et 4 juin de 16h à 20h30
– les All Day Long_ du 2 au 5 juin de 14h30 à 21h30
– les Nuits_ les 1er, 3 et 4 juin de 20h30 à 5h
– le Circuit électronique_ le 2 juin de 20h30 à 5h
– le Concert spécial_ le 5 juin de 20h30 à 23h

 

 

Photo : M.A.N.D.Y.

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