Le 18 juin, Face à face, l’association stéphanoise organisatrice du festival de cinéma gay et lesbien du même nom, sera présente à la Marche des Fiertés lyonnaise. Son président, Antoine Blanchard, nous explique pourquoi.

Pourquoi une association stéphanoise défile-t-elle à Lyon ?

Antoine Blanchard : Et bien, tout simplement parce qu’il n’y a pas de Marche des Fiertés à Saint-Étienne ! Mais je crois qu’un petit groupe de jeunes, membres du Conseil consultatif de la Jeunesse de la ville, aimerait organiser une Marche chez nous l’an prochain. Pourquoi pas ? Ils ont lancé l’idée sur Facebook, sur Twitter, mais cela reste très informel, donc ce ne sera pas forcément suivi d’effet. Mais il va de soi que si un jour une Marche des Fiertés a lieu à Saint-Étienne, nous y participerons !

Pour nous, c’est très important de défiler au mois de juin, que ce soit à Lyon, peut-être un jour à Saint-Étienne ou à Paris, comme il y a deux ans. Surtout lorsqu’on voit que, le 28 mai encore, des violences graves ont été perpétrées par des ultra-orthodoxes lors d’une marche homo interdite à Moscou et que plusieurs militants, dont des Français, ont été arrêtés par la police.

Quelle forme prendra votre participation ?

Antoine Blanchard : Nous ne serons pas très nombreux, cinq ou six, mais très visibles puisque nous viendrons avec des claps de cinéma géants qu’on pourra repérer de loin ! Nous aurons également quelques T-shirts pour les Lyonnais qui souhaiteraient nous rejoindre et nous distribuerons plus de 2000 flyers pour annoncer l’édition 2011 du festival.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que les Marches des Fiertés sont devenues des événements trop commerciaux, trop axés sur la sexualité, qui donne une mauvaise image des homosexuels, etc. ?

Antoine Blanchard : On va les faire mentir, puisque nous serons là pour présenter un événement bénévole et associatif, qui n’a rien de commercial ! Face à face, ce n’est pas du cul, c’est du culturel ! Et ce n’est pas non plus un festival communautariste, puisque nous sommes ouverts à tout le monde.

Que pensez-vous du mot d’ordre retenu cette année : «Pour l’Égalité : en 2011, je marche, en 2012, je vote !» ?

Antoine Blanchard : C’était attendu, puisqu’on va rentrer dans une année décisive pour l’avancée des droits LGBT. Historiquement, ce sont toujours les alternances politiques qui nous ont permis d’obtenir de nouveaux droits : en 1981, en 1997… Les homos n’ont absolument rien obtenu depuis 2007, donc, évidemment, on a l’espoir que cela change en 2012. Par ailleurs, c’est très important de sensibiliser les marcheurs à l’importance du vote. Il devrait y avoir moins d’abstention chez les gays que chez les hétéros, puisque ce sont nos droits fondamentaux qui sont en jeu !

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