Elle est probablement la plus connue des féministes américaines anti-porno : lesbienne, anarchiste, militante contre la guerre du Vietnam ou l’apartheid, Andrea Dworkin commence à s’intéresser à l’industrie du X au début des années 1970 et se convainc très vite de sa nocivité.

Andrea Dworkin combat la domination masculine à travers une dizaine de livres, dont deux seulement sont traduits en français. Le plus connu d’entre eux est peut-être Femmes de droite (Right-wing Women, publié aux États-Unis en 1983 et en France en 2012 aux éditions du Remue-ménage). Elle participe également à la création du mouvement féministe radical Women Against Pornography.

En 1980, elle se découvre une alliée inattendue en la personne de Linda Boreman, plus connue sous le nom de Linda Lovelace : dans son autobiographie, explicitement intitulée Épreuve (Ordeal), l’actrice principale du fameux Gorge profonde (Deep Throat, 1972) décrit son ancien mari (directeur de la production du film) comme un tortionnaire qui l’aurait contrainte à tourner les scènes les plus explicites sous la contrainte d’une arme à feu. «Quand vous voyez le film Deep Throat, vous me voyez en plein viol» déclarera-t-elle devant la commission gouvernementale chargée d’évaluer l’impact de la pornographie sous Reagan.

Dworkin témoignera elle aussi devant cette même commission, réaffirmant son opposition résolue à la pornographie mais aussi aux lois contre «l’obscénité», qui se révélaient selon elle inefficaces et tout aussi misogynes que les films et les revues qu’elles étaient sensées combattre.

Depuis sa mort en 2005, Dworkin s’est imposée comme l’une des figures les plus marquantes (mais aussi les plus débattues et parfois contestées par une partie des féministes) de l’histoire du féminisme américain.

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