Parallèlement à la réédition des premières œuvres de Guillaume Dustan, Gallimard publie avec Lettres à Eugène un fragment de la correspondance d’un autre grand écrivain de l’autofiction gay, mort lui aussi du sida : Hervé Guibert.

lettres à eugèneDe la jalousie, c’est bien ce qu’éprouve le lecteur des Lettres à Eugène envers Eugène Savitzkaya. Qui n’aimerait en effet recevoir des lettres comme celles qu’Hervé Guibert a envoyées à l’écrivain ? L’échange épistolaire entre les deux hommes débute en 1977 comme une simple correspondance d’écrivains : Guibert, qui a aimé le livre de Savitzkaya, lui envoie le sien. Très vite, les lettres deviennent plus passionnées. Leurs auteurs s’échangent des cadeaux, des photos et des mots enflammés – surtout sous la plume de Guibert. Ils se verront cependant très peu, l’un habitant à Paris, l’autre à Liège.

Toutes les lettres ne se valent pas, mais certaines sont très belles. Comme celle écrite par Guibert en décembre 1982 : «me permettras-tu de fomenter soudain un vœu :que tu viennes à Paris un jour pour me voir, ou voir en secret quelqu’un d’autre, mais que tu habites chez moi, que tu dormes dans mon lit, que tu te laves avec mon savon, que tu t’asseyes sur mon siège comme une héroïne de conte familière». Ou comme celle d’octobre 1983, alors qu’il a reçu une photo de son correspondant et qu’il écrit : «tu es même un peu bouclé à ce qu’il semble. Je préfère ne pas me demander qui a le droit de toucher ces cheveux, puisque ce n’est pas moi et que la journée est belle et que je ne veux pas être morose».

Gallimard publie également une nouvelle édition de Vice, recueil de textes rédigés à la fin des années 1970 et proches de la Mort propagande (le premier livre de Guibert).

 

Lettres à Eugène et Vice d’Hervé Guibert (Gallimard)

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