L’actrice américaine Sigourney Weaver, dont le rôle le plus marquant est incontestablement celui d’Ellen Ripley dans la saga Alien, est devenue au fil des ans une icône féministe et lesbienne. Pourquoi ?

Samedi 17 juin 2017, de 20h à l’aube, l’Institut Lumière proposera une «nuit Alien». Les quatre films qui ont fait de Sigourney Weaver la «queen of sci-fi» seront projetés à des dizaines de fans du genre et de lesbiennes. Qu’une armée de bestioles sorties de l’imagination de deux scénaristes fans de H. P. Lovecraft plaise à des geeks, soit. Mais pourquoi une femme aux allures de Rambo plaît-elle à des lesbiennes ? Pour percer ce mystère, quelques recherches s’imposent.

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Premier indice : on tombe sur des photos de Sigourney Weaver avec une cravate. Tout serait donc là, dans cette cravate, dans ce jeu entre le masculin et le féminin qui ébranle les certitudes des hétéros et attire les homos ? Mais sur d’autres photos, cette ambiguïté de genre disparaît : Sigourney Weaver est blonde et porte un top rose, so cute. On apprend qu’elle est mariée depuis presque trente ans, on suppose qu’elle est hétéro. Espérons que sa filmographie nous en dise un peu plus…

Dans L’Année de tous les dangers (1982), ce n’est pas Sigourney Weaver mais sa collègue Linda Hunt, travestie en homme, qui suscite notre intérêt. Suivront Aliens, le retour (1986), Gorilles dans la brume (1988), Working Girl (1988 encore), un autre Alien (1992) puis La Jeune Fille et la mort (1994). Soudain, tout s’éclaire : l’appellation «icône lesbienne» ne se baserait pas que sur l’apparence ?

Une femme, une vraie

Plus que son physique ou son style vestimentaire, ce sont en effet les rôles qu’elle a incarné (qui finissent par se confondre, dans l’esprit de nous autres spectateurs, avec sa propre personnalité) qui ont contribué à faire de Sigourney Weaver une icône lesbienne. Elle n’a pas peur de se retrouver en petite culotte face à un horrible Alien baveux. Elle peut aussi aller vivre seule dans la jungle au milieu de gorilles et de méchants braconniers (d’accord, l’histoire se termine mal, mais au moins, elle a essayé…). Dans Working Girl, elle mène la vie dure à son assistante, mais c’est la société phallocratique dans laquelle nous vivons qui est en cause ! Chez Polanski, elle joue l’amoureuse transie lâchement abandonnée sur une table de torture dans un pays vivant sous la coupe d’une junte militaire. Mais quand elle pense recroiser son ancien bourreau, elle lui en fait baver…

Toujours le poing levé

En somme, c’est toute l’histoire de l’émancipation des femmes qui est représentée dans ses films. Toujours le poing rageur et revanchard, elle est prête à relever tous les défis (la preuve, elle s’est rasée la tête pour le troisième Alien). Elle soutient aussi le chef indien Raoni qui lutte pour la préservation de la forêt amazonienne et de la culture indigène.

En 2009, Sigourney Weaver a joué dans Bobby, seul contre tous, dans lequel elle incarne une mère dont la foi religieuse et l’homophobie sont ébranlées par le suicide de son fils gay : sa manière à elle, à n’en pas douter, de s’engager contre l’homophobie. C’est sûrement un peu pour tout cela que les lesbiennes l’aiment. À ce jour, on ne lui connaît certes pas de rôle homo… Mais si on la croise lors de la «nuit Alien», on lui soumettra un scenario dans lequel Sigourney Weaver serait en couple avec Meryl Streep. On peut toujours rêver…

 

Nuit Alien, samedi 17 juin 2017 à partir de 20h à l’Institut Lumière, rue du Premier Film-Lyon 8 / 04.78.78.18.95 / www.institut-lumiere.org

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