Après Die Grosse Fugue, Drumming Live est la deuxième pièce que la chorégraphe belge Anne Teresa de Keersmaeker confie au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon.

Anne Teresa de Keersmaeker, à qui la Maison de la Danse avait offert un coup de projecteur dans le cadre du festival Le Boom des années 80 en 2013, semble bien décidée à nouer des liens forts et durables avec la Capitale des Gaules. Après Die Grosse Fugue (et en attendant Rain), Drumming Live est en effet la deuxième pièce que la chorégraphe belge confie au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon.

Formée chez Maurice Béjart et à New York, Anne Teresa de Keersmaeker est une figure incontournable du renouveau que connaît la danse au tournant des années 1980. Découverte notamment en 1982 avec Fase, four movements to the music of Steve Reich, la chorégraphe renouvelle sa collaboration avec le chantre américain de la musique minimaliste en 1998, à l’occasion de la création de Drumming.

Drumming Live 2012 anne teresa de keersmaeker heteroclite ballet de l'opera de lyon copyright Herman Sorgeloos

Une danse répétitive et hypnotique sur la musique de Steve Reich

Elle a ainsi imaginé huit phrases chorégraphiques qui font écho à huit cellules musicales et rythmiques de Steve Reich. À partir d’une contrainte formelle et structurelle, géométrique et quelque peu austère, la chorégraphe fait naître une danse répétitive, entêtante, à travers laquelle transparaît l’élan de vie. Au son des percussions de Reich, les interprètes occupent l’espace et exécutent en boucle les mouvements imaginés par Anne Teresa de Keersmaeker, ni tout à fait les mêmes ni tout à fait différents. Le spectateur, comme sous hypnose, se laisse alors envouté par la régularité de l’ensemble, comme happé par un tourbillon visuel et sonore qui rappelle les transes africaines.

De l’apparente austérité jaillissent des sensations et des émotions insoupçonnées, portées par la vigueur des corps en mouvement et par l’interprétation de la partition musicale en direct par des musiciens sur scène aux côtés des danseurs. La création, très structurée, très pensée, paraît au final presque primitive ou primale et renvoie le spectateur aux origines de la danse, à son caractère sacré, quand il s’agissait encore d’une communion entre l’homme et le divin.

 

Drumming Live, du 7 au 11 avril à l’Opéra de Lyon, 1 place de la Comédie-Lyon 1 / 04.69.85.54.54 / www.opera-lyon.com

 

Photos © Herman Sorgeloos

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