Une commission de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a donné son feu vert à la demande de recommandation temporaire d’utilisation de la PrEP déposée par AIDES.


 

gilead truvada antiretroviral prep heteroclite copyright Lukas Braun

 

Après le temps de la réflexion, celui de la revendication ? C’est le tournant qui semble s’amorcer au sujet de la PrEP (prophylaxie pré-exposition), un traitement préventif contre le VIH à base de Truvada, un antirétroviral auto-administré avant une prise de risque. Depuis le début des années 2010, plusieurs études réalisées un peu partout dans le monde montrent que la PrEP réduit très significativement le risque de contracter le VIH lors d’un rapport non-protégé, même si cette bonne nouvelle laisse en suspens plusieurs questions importantes telles que le coût du traitement, les effets indésirables à court et à long terme, les autres infections sexuellement transmissibles, etc. La PrEP continue donc de faire débat au sein de la communauté gay. Mais plusieurs acteurs importants de la lutte contre le sida estiment désormais que les avantages de la PrEP l’emportent sur ses inconvénients, qu’elle a fait ses preuves et qu’il n’est plus temps de tergiverser mais d’agir. C’est le cas par exemple du groupe d’experts mandatés par la ministre de la Santé Marisol Touraine et dont le président, le professeur Philippe Morlat, a présenté les recommandations vendredi 9 octobre à Nantes à l’occasion du Congrès annuel de la Société française de lutte contre le sida. Ces scientifiques recommandent d’autoriser la PrEP pour les populations les plus exposées, comme le font les États-Unis depuis 2012. C’est aussi ce que demande AIDES, dont les militant-e-s ont défilé lors de la Marche des Fiertés LGBT parisienne le 27 juin sous le slogan «je marche, la PrEP aussi». Voilà deux ans que la principale association française de lutte contre le sida a déposé auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) une demande de recommandation temporaire d’utilisation (RTU), étape intermédiaire avant une autorisation de mise sur le marché (AMM). Après plusieurs reports, une commission de l’ANSM s’est finalement déclarée favorable à cette RTU à l’unanimité. Une bonne nouvelle pour l’association qui, dans le cas contraire, avait annoncé qu’elle «prendra[it] ses responsabilités», comme elle l’avait fait dans les années 80 en distribuant aux usagèr-e-s de drogues des seringues neuves, à une époque où celles-ci étaient encore interdites.

Photos : cachets de Truvada
Photo 1 © Jeffrey Beall
Photo 2 © Lukas Braun

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