À l’occasion d’un temps fort «New York», la Maison de la Danse accueille sur ses planches une comédie musicale, des chorégraphies d’artistes confirmés comme Merce Cunningham et Bill T. Jones et celle d’un nouveau venu, Kyle Abraham.


 

new york Pavement de Kyle Abraham credit Steven Schreiber

 

C’est une évidence qu’il est parfois bon de rappeler : les États-Unis sont une grande nation de la danse contemporaine. La patrie qui a vu naître sur son sol Isadora Duncan ou Martha Graham n’a de cesse de nourrir en son sein de nouveaux chorégraphes qui réinvestissent et réinventent les codes de la danse. Grâce au temps fort «New York», la Maison de la Danse entend bien montrer au public lyonnais la diversité et la vivacité de l’art chorégraphique d’outre-Atlantique. Et parce que l’art américain peut s’exprimer sous bien des formes, de la plus sérieuse à la plus légère, c’est avec la comédie musicale Bells Are Ringing, mise en scène par Jean Lacornerie, que s’ouvrent les festivités. La pièce, qui a pour cadre un service téléphonique d’abonnés absents, mêle histoire d’amour et télécommunications dans le New York des années 50, annonçant de manière quasi-prophétique l’ère de Grindr et la solitude des mégalopoles.

De grands noms de la danse américaine

Le Centre national de danse contemporaine (CNDC) d’Angers sera également de la partie pour un hommage à Merce Cunningham, grand penseur du mouvement aléatoire sur scène, décédé à New York en 2009 et notamment connu pour avoir, dès les années 1990, utilisé des logiciels informatiques dans son écriture chorégraphique. Avec à sa tête Robert Swinston, qui a été pendant près de trente ans l’assistant de Cunningham, le CNDC est particulièrement légitime pour montrer le travail du maître, notamment à travers un Event, forme inventée par Cunningham, compilation d’extraits de son répertoire pensée pour un lieu unique. En parallèle, Bill T. Jones, artiste bien connu du public lyonnais, présentera avec sa compagnie Play and Play: An Evening of Movement and Music, spectacle composé de deux pièces datant de 2012 et 2013 et qui ont la particularité de ne pas refléter les engagements politiques en faveur des minorités qui marquent d’ordinaire les compositions de Jones. Sur le Quatuor de Ravel et La Jeune Fille et la mort de Schubert, les interprètes se livrent à un retour aux sources de la danse, dans la pure expression du mouvement.

Le renouveau déjà en place

Il ne faudrait pas croire cependant que la danse américaine se dépolitise totalement et ne produit plus rien de neuf. Ainsi, ce temps fort permettra de découvrir le travail de Kyle Abraham, un chorégraphe originaire de Pittsburgh qui explore, dans son spectacle Pavement, les tensions raciales aux États-Unis. À l’heure de Ferguson et de la recrudescence des meurtres de citoyens noirs par la police américaine, Abraham prouve là que la danse US a encore beaucoup à nous apprendre.

 

Temps fort « New York »
Bells Are Ringing, jusqu’au 6 novembre
Event, du 10 au 11 novembre
Play and Play: An Evening of Movement and Music, du 18 au 21 novembre
Pavement, du 24 au 26 novembre
À la Maison de la Danse, 8 avenue Jean Mermoz-Lyon 8 / 04.72.78.18.00 / www.maisondeladanse.com

 

Photos : Pavement de Kyle Abraham © Steven Schreiber

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