Les associations trans de Lyon n’ont pas toute la même opinion sur le GRETTIS, qui supervise plus de la moitié des opérations de réassignation sexuelle en France. 

Lundi 11 janvier, l’édition lyonnaise du quotidien gratuit 20 minutes publiait un article enthousiaste nous apprenant que «plus de 50% des Français souhaitant changer de sexe se font opérer à l’hôpital Lyon-Sud». Intitulé Une référence pour changer de sexe, il évoquait notamment l’excellente réputation dont jouit le professeur Nicolas Morel-Journel (photo), le chirurgien qui pratique ces opérations (et que nous avions interviewé en mai 2013). La plupart de ses patient-e-s ne tarissent pas d’éloges à son sujet. Mais Sophie Berthier, la secrétaire de l’association trans Chrysalide, tempère quelque peu ces ardeurs. Si elle reconnaît que le Dr. Morel-Journel est probablement celui qui pratique les meilleures opérations de réattribution sexuelle en France, elle estime que la Thaïlande, en usant de techniques différentes, reste à la pointe en ce domaine, avec des résultats bien supérieurs à ceux obtenus dans notre pays. Surtout, ses critiques visent moins le chirurgien que l’équipe protocolaire à laquelle il appartient : le GRETTIS (pour Groupe de Recherche, d’Étude et de Traitement des Troubles de l’Identité Sexuelle).

Composé de psychiatres, psychologues, endocrinologues…, celui-ci s’est donné pour règle, explique Sophie, «de ne pas intégrer au sein d’un parcours de transition des personnes qui pourraient regretter leur choix plus tard», ce qui le conduit selon elle à rejeter beaucoup (voire trop) de postulant-e-s, parfois en des termes très durs. «Plusieurs personnes passées par le GRETTIS nous ont livré des témoignages édifiants ; certains médecins de cette équipe tiennent des propos tout simplement accablants». Chrysalide demande depuis longtemps la fin de ces équipes protocolaires, une revendication qui ne fait pas l’unanimité dans la communauté trans. En attendant, Sophie tient à rappeler que «les équipes protocolaires n’ont pas le monopole du parcours de transition» et qu’il est possible de s’adresser à d’autres médecins et chirurgiens.

8 Réponses à “Le GRETTIS, pas si great ?”

  1. Margot Andréa

    Enfin !!! Chrisalide reconnait les qualités du Dr Morel-Journel, cela aura mis du temps !
    Les chirurgiens de Thaïlande sont des commerçants, il vous en coutera de 12.000 à 15.000€ leurs techniques privilégient l’esthétique à la fonctionnalité.
    Dans ce genre d’opération le problème est de trouver le bon rapport fonctionnalité / esthétique ce que le Dr Morel-Journel, à mon avis et selon ma propre expérience, réussi très bien.
    Les Trans qui vont consulter les Psy du GRETTIS et qui ont été bien formatés et remontés par ce qui se dit sur les forums et certain;e;s ne peuvent être satisfait.e.s, la relation étant biaisée au départ.
    L’opération dont il s’agit intervient sur des organes sains et est non réversible, vouloir éviter de la pratiquer sur des personnes susceptibles de regrets ne semble pas répréhensible.
    Les luttes devraient plutôt se focaliser sur le changement d’état civil et sur la conservation des gamètes pour les trans qui souhaitent se faire opérer.

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    • Chrysalide

      Je fais partie des premières françaises opérées à Bangkok et suis extrêmement heureuse d’avoir pu le faire.
      Un peu moins de ne pas avoir été remboursée, même partiellement, par la sécurité sociale mais bon… l’injustice sociale n’a pas de limite…

      Je tiens à dire que nous n’avions pas le choix puisqu’il y avait beaucoup trop de filles mutilées par les chirurgiens français.
      D’où les suicides !!

      Les chirurgiens thaïlandais ne sont pas plus « des commerçants » que le sont les français, très loin s’en faut.
      Le fait est qu’au début des années 2000 il y a eu a énormément de demandes, ils ont énormément travaillé et ils ont gagné de l’argent.
      Vous travaillez 15h par jour gratuitement vous ???
      Il n’en reste pas moins qu’il était NETTEMENT moins cher qu’en Belgique ou à Montréal.

      Mais qui êtes vous pour oser dire qu’ils privilégient l’esthétique à la fonctionnalité ??
      VOUS MENTEZ !!!!

      Vous mentez d’autant plus que ce sont les chirurgiens thaïlandais qui ont formé les chirurgiens français à l’excellence de leurs techniques.

      Quant aux tentatives de suicides, ou suicides réussis ils peuvent être dû au choc post opératoire.
      C’est un bouleversement hormonal extrêmement violent !!!

      Lorsqu’on est une fille/femme depuis toujours il est IMPOSSIBLE de regretter d’avoir eu recours à la vaginoplastie.
      Si c’est le cas c’est qu’il y avait désordre psychologique chez la personne qui n’était pas celle qu’elle croyait être et qu’elle a fait croire qu’elle était pour qu’un parcours soit planifié.

      Je sais bien que cela agace les associations et les fanatiques mais on est un femme ou on est un travesti.

      La psyché n’est pas le même et, de fait, la démarche non plus.

      Les femmes à bites ça n’existe pas !!!

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  2. Defrance

    Article intéressant, les équipes « officielles » n’ont pas de raison d’exister, le parcours libre étant lui aussi gratuit en France. La transphobie des membres de ces équipes est grande… rares exceptions chez les médecins plus jeunes. Le chirurgien a progressé si je lis bien, mais reste tout de même loin des standards étrangers. A quand une France en pointe?

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  3. Chrys Bourdette

    C’est toujours plus facile de critiquer des professionnels, sous prétexte qu’ils jugent mais il ne faut pas oublier qu’il vaut mieux avoir un refus de spécialistes que de lire sur le net ou dans les journaux qu’un(e) TS a tenté(e) de mettre fin à ses jours ou encore pire aura commis(e) le geste par regret d’être alle(é) jusqu’au bout? Je dios cela car le psy qui m’a suivis durant 3 ans sur Montpellier m’a dit regretter d’avoir donné l’accord à beaucoup de personnes du fait qu’elles aient fait de tentative de suicide ou passer à l’acte, sauf que ma réplique a été mais docteur vous n’êtes responsable d’aucun de leurs gestes, mais tout simplement c’est à nous de savoir si vraiment cela est bon pour notre bien-être et pas à vous car vous êtes là pour nous apporter une écoute et pas réfléchir à notre place

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  4. latron freddy

    Bah moi je suis d’accord même si mon parcours est validé et que je vais chercher une attestation chez mon endocrinologe mercredi.. Morel journel m’avait dit qu’il ne prendrai pas en charge les personnes susceptibles de ne pas être ce qui croient car il a déjà opérer des personnes qui on regretter leurs changement de sexe

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  5. coulombez nathasha

    Un chirurgien a la hauteur de sa réputation. Je le remercie chaque jours . Quand a certaine asso qui tourne en autarcie sans se remettre en question et qui casse du grettis sans arrêt . Et impose une vision formaté comme base a continuation et se retrouve en total rejet chez les trans ayant déjà du recul , tant leurs discours est plus politique . Queer que d aide aux personnes trans . Pour moi cette asso et tout aussi nocive que bien des psy transphobe sont discours est dangereux et impose plutôt que de débattre

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  6. Blundr

    C’est pas comme si c’etait pas une revendication nationale portée par l’existrans hein le démantèlement des équipes protocolaires. C’est pas juste Chrysalide. L’efficacité et le professionnalisme d’un chirugien ne remet pas en cause la transphobie d’un système qui est celui de ma SOFECT. Ces équipes ont fait bien plus de mal dans les personnes qu’elles ont rejetés et celles qu’elles ont maltraités que pour celles qu’elles ont « sauvées », après c’est sûr si chacunE pense qu’à sa gueule… Il y’a plus de trans rejetéEs par ces équipes sur des critères transphobes que de trans acceptéEs, et évidemment ces personnes sont souvent celles qui correspondent le moins au moule et celles qui sont souvent les plus précaires. Merci aussi a la SOFECT de s’octroyer une « expertise » qui empêche dans les faits les personnes d’avoir accès au médecin de leur choix. Je respecte beaucoup NMJ qui m’a opéré (hors équipe vu que j’avais mon cec) mais cela n’empêche pas que tout le système de la SOFECT est pathologisant et complètement transphobe (sans même parler du Docteur S, psychiatre d’une violence extrême dans ses propos et de la dangerosité du Dr M, endocrino, voleur d’attest reconnu)

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