Rencontre avec Marion Bornaz, ex-programmatrice du Clacson, aujourd’hui Dj (sous le nom de Maria Rockmore) bottée par les musiques de bandes de filles et par Donna Summer.

Lorsqu’on prend rendez-vous avec Marion Bornaz, alias Maria Rockmore, on lui demande si elle a un café qu’elle affectionne en Presqu’île. «Non, pas en Presqu’île particulièrement. Guillotière rules !». Marion alimente ainsi l’éternel combat entre les Pentard-e-s et ceux et celles de la Guill’, entre les bobos et les puristes du 7ème. Marion a été programmatrice au Clacson à Oullins (salle de rock qui tache), arbore une grosse bague, des tatouages et des cheveux courts… Au secours, une rockeuse féministe radicale de la Guill’ ! «J’ai toujours écouté beaucoup de musique. Plus jeune, avec les premières connexions Internet AOL à 36h par mois, j’avais, avec une copine, créé un webzine de musique où l’on parlait de rock, de métal…».

Groupie et fan de rock, elle devient pendant quatre ans bénévole au Clacson, où elle sera ensuite embauchée comme programmatrice. La voilà plongée dans l’univers délicat du métal, du punk, du hardcore. Un monde a priori assez masculin… et misogyne ? «Non, pas vraiment. On ne m’a jamais fait ressentir que j’étais une femme. Que j’étais jeune peut-être, mais c’était normal : je n’avais pas beaucoup d’expérience. J’ai surtout eu la chance d’être dans une association plutôt matriarcale, avec un boss qui était une boss et un partenaire média historique, Sol FM, qui a aussi une femme à sa tête». Coïncidence : les dernières années du Clacson ont vu beaucoup plus de groupes de filles être programmés…

De Marion à Maria

maria rockmore marion bornaz

Depuis son départ du Clacson, Marion défend la scène féminine d’une autre manière sous le nom de Maria Rockmore, Dj qui a fait ses armes en soirées, à l’iPod, et qui est aujourd’hui sollicitée pour des afters ou des warm-ups, par exemple au Fil, la salle de musiques actuelles stéphanoise, qui lui confie en ce début février l’animation d’un afterwork en duo avec Petula Dark, au Marché Gare à Lyon ou encore à La Tannerie à Bourg-en-Bresse. Ses playlists sont 100 % féminines. Son tube imparable ? I Feel Love de Donna Summer. «C’est dingue, ça marche au Sucre, dans des lieux punks ou a des mariages !».

Pensez-vous que les femmes sont des êtres humains ?

Elle a aussi rejoint l’équipe des Qonass sur C’Rock Radio, où elle co-anime une émission les mardis soirs et propose, défriche, fait découvrir des groupes de musiciennes, diffuse Courtney Barnett, les Alabama Shakes ou encore Chelsea Wolf, «une Madonna gothique et déprimée». «Je ne suis a priori pas trop portée sur les trucs «spécial filles» qui disent «regardez, ce que font les filles, c’est très bien aussi !». J’espère qu’on a dépassé ce cap ! Mais on se rend compte pourtant que si on ne reste pas vigilant-e-s, on en arrive à ce qui s’est produit récemment au festival de BD d’Angoulême : aucune artiste nommée».

Marion nous parle d’un test, qui circule actuellement sur les réseaux sociaux, pour savoir si l’on est féministe en deux questions seulement : pensez-vous que tous les êtres humains sont égaux ? Si oui, pensez-vous que les femmes sont des êtres humains ? Si oui, bravo, vous êtes féministe ! «C’est aussi simple que ça !» conclut Marion.

 

Maria Rockmore x Femmes aux Fourneaux, vendredi 1er juillet au Toï-Toï, 17 rue Marcel Dutartre-Villeurbanne / 04.37.48.90.15 / www.toitoilezinc.fr

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