Depuis sa création au début des années 80, et a fortiori sous la direction du musicien et compositeur Gérard Lecointe depuis 2014, le Théâtre de La Renaissance rend à la musique ses lettres de noblesse et cherche à ramener cette discipline au cœur de la représentation théâtrale.

Les choix artistiques de cette saison s’orientent ainsi sur des représentations qui mêlent théâtre, chant et musique. Alors que la notion de «vivre ensemble» est plus que jamais d’actualité, le Théâtre de La Renaissance semble en avoir fait sa ligne de conduite et propose des représentations sur les thèmes de la différence, du conflit et de la tyrannie, dans l’objectif de fédérer autour de valeurs humanistes un public volontairement diversifié.

chienne

Première découverte de la saison, Chienne de vie, life is a bitch (du 11 au 15 octobre) du collectif Le Bleu d’Armand met en scène le quotidien d’un bouc émissaire. Sous la lumière des projecteurs, trois femmes et un homme se tiennent assis sur des barils en acier, les pieds salis par la tourbe qui recouvre la scène. Les rideaux s’ouvrent sur le tirage au sort du bouc émissaire de la soirée, choisi au hasard parmi les quatre comédiens. Les trois autres se fédèrent contre le malheureux désigné par le public et lui font endosser la responsabilité de tous leurs maux. Coiffé d’un bonnet d’âne grotesque, le souffre-douleur devra endurer le lynchage physique et verbal de ses camarades transformés en bourreaux impitoyables. Sur un fond sonore d’accordéon, la pièce est rythmée par de nombreux passages chantés qui rendent l’injustice des situations plus légère et foncièrement drôle.

Spectacles sur la condition des femmes ici et ailleurs

Après Le Sentiment d’une montagne la saison passée, la compagnie La Colonie Bakakaï présente Paysages humains (du 3 au 5 novembre), une création à la fois poétique et musicale. Le spectacle s’ouvre sur deux poèmes du Turc Nazim Hikmet qui évoquent la condition des femmes de son pays dans les années 30, une époque à laquelle elles pouvaient mourir comme si elles n’avaient jamais vécu. La voix de Chloé Bégou donne vie aux écrits du poète et les notes graves du violoncelle de Léonore Grollemund enveloppent délicatement les mots pour un rendu indescriptible.

belle escampette

Dernier-né de la compagnie L’Articulture, le spectacle La Belle Escampette (du 21 au 23 février) plonge le spectateur dans un huis clos baroque porté par Claire Monot et Anaïs Pin. Elles incarnent deux jeunes sœurs issues de l’aristocratie qui, prisonnière d’un roi tyrannique, occupent le plus clair de leur temps à apprendre les règles de conduite et les bonnes manières. La plus impulsive des deux va faire basculer ce rapport de domination et elles vont tenter de fuir cette prison dorée, loin du culte de la beauté et des bienséances.

C’est une saison placée sous le signe de la diversité et de la tolérance qui s’annonce pour la rentrée 2016 au Théâtre de La Renaissance, qui fera une nouvelle fois office de terre d’accueil pour les représentations théâtrales mêlant la musique au jeu d’acteur et le chant à la parole.

 

Théâtre de La Renaissance, 7 rue Orsel-Oullins / 04.72.39.74.91 / www.theatrelarenaissance.com
Photo de une et photo 1 : Chienne de vie, life is a bitch © Roland Plenecassagne
Photo 2 : La Belle Escampette © Emmanuel Mathias – Gérard David

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