Jeudi 30 juin, à deux jours de la Marche des Fiertés LGBT parisienne, François Hollande a reçu SOS Homophobie, l’Inter-LGBT et le Centre LGBT Paris-Île-de-France. Si ces trois structures se sont dites satisfaites, toutes les associations LGBT ne partagent par leur avis.

Alors que les associations LGBT demandaient unanimement le retrait des trois sous-amendements (imposés par le gouvernement) au projet de loi « Justice au XXIe siècle » qui inscrivent dans la loi une procédure contraignante de changement d’état civil, elles sont aujourd’hui plus divisées au sujet de la réunion organisée à l’Élysée jeudi 30 juin entre François Hollande et trois des plus importantes d’entre elles. Les associations participantes se sont dites satisfaites des engagements pris par François Hollande, ont demandé un passage « aux actes » et ont relayé le communiqué publié par l’Élysée qui les résume :

– la dé-médicalisation du parcours de changement d’état civil pour les personnes trans. Lorsque Jean-Jacques Urvoas avait annoncé sa position lors de l’élaboration de la loi « Justice au XXIe siècle », il avait pourtant suscité l’opposition des associations LGBT. L’Élysée estime quant à elle que le projet de loi «comprend des avancées permettant la simplification du changement d’état civil » et promet qu’’ »il sera encore amélioré à l’Assemblée nationale », sans préciser comment ;

– la suppression d’une circulaire de 2013 interdisant aux gynécologues d’informer leurs patientes sur les possibilités de PMA à l’étranger (confirmée lundi par la ministre de la Famille Laurence Rossignol) ;

– la suppression d’une circulaire de 2013 empêchant à certains couples binationaux de se marier en France, si la loi nationale du conjoint étranger l’interdit ;

– l’élargissement « à la prévention et à la lutte contre l’homophobie » du champ d’action de la Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme et l’Antisémitisme, très contestée par une partie des associations antiracistes et de défense des droits de l’Homme ;

– le renforcement de la formation des fonctionnaires « pour que la République se montre encore plus protectrice envers les lesbiennes, gays, bi et trans ».

Des paroles et des actes

Virginie Combe, vice-présidente de SOS Homophobie, a estimé à la sortie de cette rencontre que «c’était un beau symbole qui suscite beaucoup d’espoir. Il y a eu des engagements de la part du Président. Nous attendons maintenant des actes». Selon un communiqué commun des trois structures invitées à dialoguer avec François Hollande, « les associations ont rappelé fermement qu’elles soutenaient l’avis du Défenseur des Droits, qui recommande au gouvernement de mettre en place une procédure déclarative, rapide et transparente, auprès de l’officier d’état civil ».

Autre son de cloche du côté de l’Association nationale transgenre, qui considère que « malgré l’ouverture du mariage à tous les couples, le bilan est lourd : personnes transgenres abandonnées aux pires procédures médicales et judiciaires, couples et célibataires “non conformes” se voyant dénier le droit à la PMA, lutte contre les LGBT-phobies réduites à des déclarations de principe ».

Cette prise de distance de certaines associations LGBT vis-à-vis du gouvernement et de son interlocuteur privilégié, l’Inter-LGBT, a atteint son paroxysme avec la contestation du parcours de la Marche des Fiertés de Paris ou lors de la deuxième Pride de nuit, une Pride alternative organisée le 27 juin à Paris derrière le slogan « PS : la fierté, c’est pas son genre ». Pour Gwen Fauchois, porte-parole de l’évènement interrogée par Têtu.com, l’Inter-LGBT « efface un certain nombre de discours, d’envies, de profils et laisse penser, pas forcément volontairement, qu’elle serait l’unique représentante d’une communauté […] Évidemment cela arrange les politiques ».

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