On l’écrivait déjà dans le dernier édito : les candidats pro-mariage pour tous à la présidentielle n’ont qu’un intérêt très limité pour les questions et les revendications LGBT. Cinq semaines de campagne présidentielle plus tard, les choses n’ont hélas guère changé.

Pour ce dernier numéro avant le premier tour de la présidentielle, nous avons sollicité les équipes de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron pour demander à chacun de préciser ses engagements sur un certain nombre de thématiques importantes : PMA, droit des trans, reconnaissance à l’état-civil français des enfants nés à l’étranger par gestation pour autrui, lutte contre le sida… Conscients que leur agenda est actuellement très chargé du fait de la campagne présidentielle, nous avions accepté que les candidats (ou plutôt leurs équipes…) nous répondent par écrit plutôt qu’en tête-à-tête ou au téléphone. Aucun ne l’a fait… Ce n’est pas comme si les médias LGBT pullulaient en France et comme si des dizaines d’autres occasions de s’adresser directement à la communauté concernée par ces sujets allaient se présenter à eux.

Alors, c’est vrai que chacun des trois a, enfoui quelque part dans son programme, quelques propositions censées nous rassurer sur son engagement friendly. Mais si on veut que ces promesses soient tenues ou à tout le moins que ces idées vivent, il faut qu’elles soient proclamées et défendues auprès des personnes LGBT et du grand public. Or, le moins qu’on puisse dire, c’est que ni Macron, ni Hamon, ni Mélenchon n’ont cherché à les mettre en avant durant leur campagne. Et encore faudrait-il se pencher précisément sur ces promesses, tant il est vrai que le diable se cache dans les détails.

Des propositions pas assez mises en avant

Tous les trois se disent par exemple favorables à l’ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes. Mais attendront-ils, comme l’a fait François Hollande pendant quatre ans, l’avis du Comité consultatif national d’éthique, annoncé depuis… 2013 ? Et si ce Comité se décide un jour à rendre un avis et que celui-ci est négatif, s’abriteront-ils derrière cette mauvaise excuse pour prolonger le statu quo ? Nous leur avons posé la question : nous attendons toujours la réponse.

Bien sûr, les thématiques LGBT ne sont pas les seules à être largement ignorées dans cette campagne présidentielle dominée par les affaires, les stratégies boutiquières et l’analyse sondagière plutôt que par les idées et les programmes. Mais si les premier-e-s concerné-e-s ne s’emparent pas de ces revendications, ne les font pas vivre et ne les imposent pas dans le débat public, personne ne le fera à leur place.

 

 

Edit : peu après l’écriture de cet édito, les équipes de campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon nous ont proposé un entretien avec leur référent sur les questions LGBT. Vous pouvez retrouver sur notre site les réponses de Jean-Charles Lallemand (pour la France insoumise) et de Denis Quinqueton (pour le Parti socialiste).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *