Avec la nomination d’un chef du gouvernement et de plusieurs ministres résolument hostiles à la PMA, il faut rappeler nos exigences sans tergiverser.

Le porte-parole d’En Marche, Benjamin Griveaux, l’a promis sur Twitter le 17 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie : «nous ouvrirons la PMA à toutes les femmes». Ce faisant, il allait dans le sens d’Emmanuel Macron qui, à plusieurs reprises durant la campagne (notamment dans des interviews à Têtu ou à Causette) a indiqué être favorable à une telle évolution. Tout baigne, alors ? Ce serait évidemment trop beau. Car, s’il a maintenu cette position face à des médias plus hostiles, il l’a assortie de conditions qui, dans les faits, rendent cette avancée très peu probable.

Notamment dans La Croix, le 12 mars. Le futur Président y rappelait certes sa conviction qu’«il faut étendre la PMA». Mais il s’engageait aussi à respecter «l’avis attendu du Comité consultatif national d’éthique» (CCNE). Attendu, certes, cet avis l’est… depuis quatre ans. Ses membres ont annoncé il y a quelques mois qu’il serait finalement rendu «avant la fin du printemps». Mais, comme l’a rappelé Act Up dans une lettre ouverte au président du CCNE, le professeur Jean-François Delfraissy, ce n’est pas la première fois que cet organisme (purement consultatif) joue avec nos nerfs en promettant pour très bientôt un verdict qui ne vient pas. Et si les «sages» daignent enfin nous faire connaître leur opinion mais que celle-ci est négative, que se passera-t-il ?

Une désagréable impression de déjà-vu

Plus inquiétant encore : toujours dans cet entretien à La Croix (qui, décidément, aurait gagné à être davantage lu durant la campagne), Emmanuel Macron annonçait qu’il tiendrait compte de «l’état de la société et des débats qui s’y jouent» avant toute modification législative au sujet de la PMA. On ne connaît que trop bien ce discours du prétendu «apaisement». Il signifie qu’au moindre sursaut de vie de La Manif Pour Tous, toute réforme en faveur de l’égalité des droits sera enterrée ou vidée de son sens. On a déjà connu cela sous le quinquennat précédent…

Tout comme on a déjà connu cette forme d’attentisme apathique qui semble gagner de nombreux gays (les lesbiennes et les trans, pour leur part, ont peut-être mieux conscience de tout ce qu’il y a à perdre avec pareille attitude…). «Attendons de voir avant de juger», «laissons-leur une chance», «ne nous trompons pas d’ennemis», «sachons être patients et reconnaissants de ce que l’on veut bien nous accorder», lit-on et entend-on çà-et-là. Cela rappelle étrangement certains discours qui ont servi d’étouffoirs à colère pendant les débats sur le mariage pour tous, alors que l’abandon de la PMA se profilait déjà de plus en plus nettement.

Outre les législatives des 11 et 18 juin, les Marches des Fiertés LGBT, dont la saison commence justement, seront une excellente occasion pour celles et ceux qui ne souhaitent pas réitérer les mêmes erreurs qu’en 2012 de montrer au gouvernement que nos exigences sont plus grandes et plus fortes que jamais.

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