Pour sa trente-huitième édition, le festival d’Ambronay propose un peu plus d’une trentaine de concerts et spectacles qui explorent la richesse de la musique baroque.

L’intérêt de la programmation du festival d’Ambronay n’est pas seulement d’exhumer des œuvres anciennes. Il s’agit au contraire de les mettre en regard avec des univers contemporains ou culturellement différents, démontrant, s’il en est besoin, que la musique baroque vibre toujours et se renouvelle au gré des influences partagées.

C’est avec l’Orfeo (1607) de Monteverdi, œuvre princeps qui marque les débuts du style baroque, que s’ouvrira le festival à l’Abbatiale vendredi 15 septembre. La direction, confiée au chef d’orchestre argentin Leonardo Garcia Alarcón, est une occasion de rappeler les liens historiques entre le baroque et l’Amérique latine, ainsi que le dynamisme du sous-continent dans la formation d’une nouvelle génération d’interprètes. Ambiance italienne en revanche samedi 16 avec un habitué des lieux, Philippe Jaroussky qui interprétera des airs de Cavalli, Monteverdi et Sances. Accents espagnols samedi 23 avec Rocío Márquez au chant et Fahmi Alqhai à la viole de gambe pour une rencontre inattendue entre flamenco et musique baroque.

De l’Amérique latine à l’Allemagne en passant par l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre…

Jeudi 28, c’est au Théâtre de la Croix-Rousse qu’on pourra entendre Paulin Bündgen et l’ensemble Céladon dans un répertoire qui met l’Angleterre à l’honneur. Le contre-ténor lyonnais chantera des consorts songs élisabéthaines (un genre de chansons accompagnées à la viole qui a fleuri dans l’Angleterre des XVIème et XVIIème siècles) ainsi que des œuvres de Michael Nyman, compositeur contemporain qui a signé la musique de nombreux films (dont La Leçon de piano de Jane Campion).

Si Monteverdi ouvre l’ère du baroque, Bach la referme cent cinquante ans plus tard, et c’est à l’Auditorium de Lyon vendredi 29 qu’il faudra aller écouter la Messe en si mineur. Du contrepoint flamboyant du Kyrie jusqu’au bouleversant Agnus Dei, cette messe est un concentré de tout le génie du Kantor de Leipzig et c’est justement le Bach Consort de Leipzig et le Sächsisches Barockorchester qui, en spécialistes de la musique de Bach, exécuteront cette œuvre avec authenticité, bien loin des interprétations romantiques trop souvent entendues. Samedi 30, retour à Ambronay pour une plongée dans la musique sacrée et populaire arménienne avec l’ensemble Canticum Novum sous la direction d’Emmanuel Bardon. Mais Ambronay, c’est aussi de nombreuses conférences qui permettent de mieux appréhender cette musique si loin dans le temps et pourtant toujours moderne, prouvant par-là toute l’actualité et la pertinence de ce festival.

 

Festival d’Ambronay, du 15 septembre au 8 octobre / www.festival.ambronay.org

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