Doctorante et chercheuse à l’ENS de Lyon, mais avant tout autrice et militante, No Anger met à mal avec une intensité rare tous les préjugés liés aux personnes en situation de handicap.  
 

À seulement 28 ans, la jeune femme qui se fait appeler No Anger ne cesse de multiplier les activités : performance, danse, comédie, activisme sont autant de motifs « pour ne pas être qu’un esprit, une conscience enfermée dans ce corps » dit-elle. Un corps handicapé lourdement sur lequel s’apposent de nombreux préjugés : « j’ai un corps handicapé, avant tout, avant d’être féminin, d’origine coréenne ou lesbien. Mon corps est avant tout handicapé. Ce n’est pas moi qui l’ai choisi, ce sont les passant·es, dans l’espace public, qui ont à mon encontre ces regards, ces remarques, ces geste.» peut-on lire sur son blog où elle publie des textes nécessaires à la reconnaissance de l’oppression subie par les personnes en situation de handicap. Comment affronter la peur du regard de l’autre, ses préjugés ? Méritons-nous d’être aimé·e et pouvons-nous aimer ? Comment créer de la bienveillance d’abord pour soi et ensuite pour les autres ? Le blog de la jeune femme nous fait plonger dans son intimité, sans colère ni amertume avec un lâcher-prise subtil et un recul éclairé.  

 

Défier pour mieux exister 

Son travail de recherche sur les questions de sexualisation des corps, notamment sur la nudité et les représentations sexuelles dans la contestation politique, alimente constamment l’appréhension de son propre corps et la considération de sa propre sexualité. Autour de réflexions sur les rapports de domination de l’homme sur la femme, du valide sur l’invalide au quotidien, dans les relations amoureuses, au théâtre, entre danseurs, No Anger défie ses croyances personnelles sur son corps qu’elle juge souvent incapable d’endosser certains rôles sur scène ou dans l’intimité.  

Depuis peu, elle milite au sein du CLHEE (Collectif Lutte et Handicaps pour l’Égalité et l’Émancipation). Ce groupe de soutien mutuel composé de personnes en situation de handicap milite pour que l’oppression des invalides soit davantage entendu et reconnu, et pour qu’elle devienne une priorité politique au moment où le Président de la République bafoue justement ses promesses de campagne de faire du handicap un axe important de son quinquennat. Au-delà de cette nécessité politique, le CLHEE se mobilise pour que soit amélioré le regard sur le handicap, tout comme No Anger, qui grâce à ses textes et ses performances dans lesquels son corps se libère totalement de toute pression sociale, met à mal nos préjugés de personne valide.   

 

Blog “À mon geste défendant” : amongestedefendant.wordpress.com 

Reportage Arte Handicap : Des militants contre le validisme

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.