Si l’Hétéroclitomètre de ce mois-ci n’est exceptionnellement composé que d’initiatives positives en faveur des personnes LGBT, c’est que la liste des événements peu réjouissants ces derniers temps n’aurait pu être contenue en cinq entrées sur une demi-page.

 

Ainsi, le New York Times a révélé dans son édition du 21 octobre dernier que l’administration Trump travaillait sur un projet de loi visant à définir l’identité de genre d’un individu de manière immuable en s’appuyant sur ses organes génitaux à la naissance, niant purement et simplement l’existence des personnes trans et intersexes. Au Brésil, les inquiétantes prises de position de Jair Bolsonaro, fraîchement élu président de la République, à l’égard notamment des femmes, des homosexuel·es et des Noir·es, ont de quoi faire craindre le pire pour au moins les quatre années à venir. 

 

Hétéroclite #138 - Novembre 2018 - editoEn France, c’est la multiplication des agressions LGBTphobes qui inquiète, à juste titre. Si l’émotion est légitime face à ces actes odieux et aux récits difficilement supportables qui en rendent compte, nous nous devons également de mener à bien notre réflexion. Si ces agressions doivent être condamnées, la réponse à l’expression des LGBTphobies ne saurait être que policière ou judiciaire. Or, sur le plan des actions publiques, malgré les promesses égrenées sur les ondes par Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, ou par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, le gouvernement reste pour le moins évasif et continue de s’appuyer sur le seul – et ô combien nécessaire – travail des associations.

Parallèlement, les opposant·es à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes s’engouffrent dans le débat, encouragé·es par la frilosité du gouvernement à se saisir pleinement de la question. Tant que l’égalité des droits des personnes LGBT sera un sujet que l’on peut subdiviser et retarder, il y aura des Trump et des Bolsonaro pour nier nos existences et des agresseuses et agresseurs pour nous rappeler notre position de citoyen·nes de seconde zone. C’est pourquoi, à l’appel de SOS Homophobie et de nombreuses associations, nous nous rassemblerons samedi 10 novembre à 17h, place des Terreaux à Lyon.  

 

À lire chez nos consoeurs et confrères de Rue89Lyon : « J’ai été frappé par un individu me traitant de pédé et cela n’aurait rien d’homophobe ? »

 

Retrouvez également  Hétéroclite tous les mercredis dans « Colère Saine » à 19h10 sur Nova Lyon (89.8 FM) et en ligne sur SoundCloud

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