On fêtera cette année les 50 ans de Stonewall. Mais ce nest pas le seul anniversaire important de notre histoire à s’être déroulé une année en 9. Premier volet dune série à travers laquelle, de mois en mois, Hétéroclite va se pencher sur le siècle passé…

 

Épisode 1 : 1919 

Le premier film militant 

 

Qui pourrait imaginer que l’on fête cette année le centenaire du premier film en faveur des droits des homosexuels (comme on disait alors depuis peu de temps…) ? Pas le premier film représentant des homos (on en compte déjà pas mal alors, souvent sous forme comique), mais bien le premier film de l’histoire réalisé dans le but de dénoncer les persécutions subies par les homosexuels ! Intitulé Anders als die andern (Différent des autres), ce film muet allemand est réalisé au lendemain de la Première Guerre mondiale, dans cette République de Weimar qui sera celle de tant de libérations, sous les auspices du tout jeune Institut de Sexologie créé par ce pionnier que fut le docteur Magnus Hirschfeld. Dans cette fiction où un musicien célèbre est victime de chantage en raison de sa liaison avec un étudiant, il s’agit pour Hirschfeld et Richard Oswald (le réalisateur) de réclamer l’abolition du Paragraphe 175 du code pénal allemand. Tristement célèbre pour avoir servi à la déportation des homosexuels sous le nazisme, cet article est bien antérieur : il date de 1871 et condamne à la prison ceux qui se livrent « à des actes sexuels contre nature ». Puissant plaidoyer dans lequel Hirschfeld fait un discours de tolérance, le film connaît un beau succès avant d’être interdit par l’armée. Il sera ensuite détruit par les nazis dès 1933, en même temps que toutes les archives de l’Institut d’Hirschfeld (devenu entre-temps le refuge pour tous les “invertis” et travestis berlinois), et on le croira longtemps perdu. On n’en retrouvera une copie incomplète qu’en 1990 en Ukraine, et on continue à le compléter d’images et de scènes. Il demeure 50 minutes de ce moment essentiel de notre histoire. Il n’y aura pas d’autre film militant LGBT avant quatre décennies… 

 

Chasse aux homos 

La Marine américaine est le cadre d’une sorte de gay panic dont l’épicentre est le port de Newport. Des rapports font état de comportements immoraux (c’est-à-dire homosexuels) entre soldats et civils, et de scènes de travestissement. L’enquête débouche sur un retentissant procès au terme duquel 17 marins sont accusés de sodomie et condamnés à la prison. Les homos sont, de fait, exclus de l’armée… 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.