Pour son édition 2019, Le Moi de la Danse, festival organisé par les Subsistances, poursuit son exploration entre l’intime, l’identité et le geste chorégraphique en invitant un jeune collectif régional et trois chorégraphes internationaux à présenter leurs œuvres. 

 

Les locaux de l’étape 

On connaissait le Collectif ÈS pour son Karaodance, présenté lors du Week-end sur Mars proposé par les Subsistances en 2018. Celles et ceux qui n’avaient pas eu l’occasion de prendre part à ce mix participatif entre karaoké et danse pourront s’y adonner sans retenue lors de cette édition du Moi de la Danse. Mais le public pourra surtout découvrir une création du trio formé au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon, intitulée, non sans humour,  1ère mondiale. Dans cette pièce constituée de trois solos, Sidonie Duret, Jérémy Martinez et Emilie Szikora, les trois membres du collectif, sont parti·es à la recherche des origines de leur désir de danse. Comme on ouvre une vieille malle oubliée au fond d’un grenier, il et elles ont exhumé des souvenirs d’improvisations dans la salle de bain, de pas maladroits dans les bals de village ou de discographie parentale afin de dessiner en creux les contours des artistes qu’il et elles sont devenu·es aujourd’hui.  

1ère mondiale, du 23 au 25 janvier 
Karaodance, le 9 février 

 

Ravagé, l’âgé ?  

Le chorégraphe Mark Tompkins présente avec Stayin Alive une réflexion sur le vieillissement et l’effet inexorable du temps sur l’artiste et sa production. Refusant de se laisser cataloguer comme « vieux » chorégraphe, Tompkins entend lutter avec ce solo contre la disparition imposée aux personnes vieillissantes par la société. Au-delà de l’évocation du tube des Bee Gees, il s’agit véritablement pour l’artiste américain installé en France de rester en vie aux yeux du monde. Incarnant sur scène divers personnages, entre fiction et réminiscences du passé, entre Gloria Gaynor et Is That All There Is, Tompkins convoque la jeunesse, l’amour, le sexe, le sida et livre au public les stigmates du temps sur son corps, comme un memento mori de chair et de sang.  

Stayin Alive, du 6 au 8 février 

 

Bal belge 

La puissante et inventive création chorégraphique belge sera également présente lors de cette édition du Moi de la Danse avec How to proceed de la compagnie ZOO, fondée par Thomas Hauert il y a 20 ans à Bruxelles, et la pièce Attends, attends, attends … (pour mon père) de l’artiste protéiforme flamand Jan Fabre. Si How to proceed se voulait tout d’abord comme un hommage à deux décennies de travail collectif, la pièce pour huit interprètes a très vite été submergée par le bouillonnement et le chaos, offrant un aperçu métaphorique du processus créatif. Enfin, dans Attends, attends, attends… (pour mon père), Jan Fabre se nourrit de la vie du danseur Cédric Charron avec qui il collabore depuis 18 ans. Se pose alors la question de l’influence qu’exercent les interprètes sur les chorégraphes et vice versa. Quelles sont les frontières entre individu et collectif  lorsqu’on parle de spectacle vivant ? Autant d’interrogations qui s’inscrivent parfaitement dans un festival tel que le Moi de la Danse. 

How to proceed, du 29 au 31 janvier 
Attends, attends, attends… (pour mon père), le 3 février 

 

Aux Subsistances, 8 bis quai Saint-Vincent-Lyon 1 / 04.78.39.10.02 www.les-subs.com 

  

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