La mécanique des « boys’clubs » prend l’eau depuis la polémique autour de la ligue du LOL et la condamnation du cardinal Barbarin. Pour autant ce grand et robuste navire qu’est la domination patriarcale n’est pas prête de sombrer…

Même si le pape François a refusé, au nom de la présomption d’innocence, la démission du cardinal Barbarin, pourtant condamné en première instance pour non-dénonciation d’actes de pédophilie, il arrive que la mécanique des « boys’clubs », ces groupes d’hommes (généralement blancs cis et hétéros) entretenant réseau et influence au détriment de toute personne extérieure, puisse s’enrayer. C’est du moins la leçon que l’on peut tirer de la polémique autour de la Ligue du LOL. Il aura cependant fallu attendre plusieurs années et une enquête de CheckNews pour que les témoignages de victimes, dont les plus anciens datent de 2010, soient enfin pris en compte.  

la-ligue-prend-l-eau-©-sarah fouassierAu départ, la Ligue du LOL est un groupe privé Facebook qui réunit majoritairement des hommes jeunes, blancs, cis et hétéros, travaillant dans le milieu du journalisme, du web, de la communication et de la publicité à Paris. Ces derniers multiplient, notamment sur Twitter, les attaques sexistes, homophobes, racistes et grossophobes à l’encontre d’un certain nombre de leurs consœurs et confrères. Mais la libération de la parole autour de cette affaire a également mis au jour des comportements  oppressifs dans le cadre de leurs fonctions au sein de rédactions renommées telles que celles de  Libération, de Slate ou encore des Inrocks. 

La partie visible de l’iceberg
Devant l’ampleur du scandale, les hiérarchies qui avaient eu tendance à faire la sourde oreille face aux plaintes des victimes ont été contraintes de réagir. S’en est suivie une série de mises à pied, de suspensions provisoires et de licenciements.
C’est ainsi que l’on a appris, le 25 mars dernier, que Marie Kirschen était nommée rédactrice en chef web des Inrocks, à la place de David Doucet, licencié pour sa participation à la Ligue du LOL. Au-delà  de ses compétences certaines, Marie Kirschen est un choix loin d’être anodin : elle est spécialiste des questions LGBT et féministes, elle a travaillé pour Têtu et est à l’origine de la revue lesbienne Well Well Well 

Il est évident que cette affaire n’est que la partie visible de l’iceberg, et contrairement au Titanic, le système patriarcal sur lequel reposent bon nombre d’institutions ne coulera pas si rapidement. On peut toutefois espérer que les avaries ne seront plus aussi faciles à camoufler à l’avenir. Les phallocrates seront débusqués « near, far, wherever [they] are ». 

 

© Sarah Fouassier

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