Peut-on faire un produit plus à la mode que Vendredi sur Mer ?  Des textes en français très pop sur des synthés rétros, des visuels vintage multi référencés. On succombe… on s’agace ? 

Parlons chiffons puisque la mode est à l’origine et influence ce projet musical très pop qui aime la fin de semaine au bord de l’eau. L’Helvète, puis Lyonnaise et aujourd’hui Parisienne, Charline, au cœur de Vendredi, a débuté sa carrière artistique avec la photographie. Au départ, une de ses musiques illustrait une vidéo de ses shootings et un de ses titres a été choisi lors du défilé Sonia Rykiel 2017. Inutile alors de préciser que les visuels, l’image et les clips sont évidemment ultra léchés : Vendredi sur Mer, fashionista, fait très attention à son look. On y retrouve beaucoup d’influences, à la fois intello et pop. On pense à La Nouvelle Vague, à Pierrot le Fou dans des clips comme La Femme à la peau bleue quand d’autres évoquent les blondes héroïnes rohmeriennes. D’inspiration plus olé olé, les pochettes d’albums ont des airs de films érotiques italiens des années 80. Pour le son, imaginez du talk over, du « chanté parlé », sur de la musique synthétique et des textes qui aiment l’amour et la rime. « L’amour dans les draps et les week-ends chez toi, c’est garde partagée pour un amour en danger ». « Au sommet de la colline, ton regard me fascine. Quand tu partais des mois, j’avais le mal de toi ». Un genre littéraire qui n’est pas sans rappeler les ami·es de Charline, The Pirouettes. (« Moi, j’ai passé mon week-end à regarder la télé, zappé sur toutes les chaînes. Tout ça pour oublier que tu m’avais laissé tomber un peu plus tôt dans la s’maine » sur leur titre Oublie-moi). 

Influenceur·euses
On trouvera chez Vendredi sur Mer un charmant petit accent et une nonchalance gainsbourienne époque Gainsbarre qui grommelle sur des synthés 80’s (No comment) avec la classe d’une Françoise Hardy lorsqu’elle parle l’introduction de Message personnel. Aujourd’hui, après un premier EP, un vrai album, Premiers Emois est sorti le 22 mars et une tournée en France s’annonce. Il faut, avouons-le, se laisser gagner par le genre après plusieurs écoutes et dépasser l’agacement immédiat susciter par cette énième formation qui fait la Une des Inrocks et résonne déjà dans tout Oberkampf. Mais des morceaux nébuleux comme Les Filles désir qui ne cherchent ni l’efficacité, ni l’effet, sont absolument convaincants. Et que les plus récalcitrant·es du genre se rassurent : une mode, ça passe. 

Vendredi sur Mer, le 13 avril au Sucre, 50 quai Rambaud-Lyon 2 
www.le-sucre.eu 

 

© Pauline Caranton

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