Face à Face, le festival de cinéma LGBT de Saint-Étienne, fêtera cette année en fanfare sa quinzième édition. Alors que la Nuit du court reste l’événement phare de la manifestation, la programmation fait la part belle aux débats dactualité.   

Après un échauffement via une programmation autour du sida à la Cinémathèque (deux documentaires et 120 battements par minute les 20 et 21 novembre), Face à Face fêtera son quinzième anniversaire en proposant une belle sélection d’inédits dont les thèmes résonnent fortement avec l’actualité. Ainsi, la question des thérapies de conversion se retrouve au centre du film d’ouverture, Tremblements, puissant drame venu du Guatemala où un père de famille bourgeois voit l’Eglise de ce pays très religieux s’acharner à vouloir le “guérir” lorsqu’il révèle qu’il a une relation amoureuse avec un homme. La violence sociale, qui pousse le héros à intérioriser sa haine de ses propres désirs, est palpable dans la peinture que Jayro Bustamante fait de son pays. La difficulté à s’épanouir dans un contexte conservateur se retrouve dans Et puis nous danserons, film suédois dont l’action se déroule en Géorgie : un jeune danseur jugé pas assez viril pour participer à un ballet traditionnel, s’éprend d’un nouveau venu dans la troupe. À travers ce récit assez classique de coming of age, c’est pourtant l’homophobie ambiante dans la société géorgienne que pointe Levan Akin. Autre thématique très actuelle abordée lors de ce Face à Face, l’homoparentalité est au cœur de Mamma + Mamma, film italien de Karole Di Tommaso où le désir d’enfants des deux héroïnes renvoie directement à la nécessité d’ouvrir la PMA, en Italie comme en France, à toutes les femmes. 

face a face OceanLes questions trans au sommet de la vague 
La transidenté est pourtant le sujet le plus à vif de cette édition, puisqu’on la retrouve dans deux des œuvres les plus puissantes et enthousiasmantes de cette sélection : Lola vers la mer et Océan. Beau drame dans lequel Laurent Micheli suit le trajet en voiture d’un père et de sa fille trans — trajet aussi réel que symbolique…—, le premier est porté par la prestation de la jeune actrice trans (qu’un·e comédien·ne trans obtienne un rôle principal est suffisamment rare pour être signalé) Mya Bollaers. Le second de ces films, Océan, est le formidable documentaire que l’acteur-réalisateur homonyme a consacré à sa transition. Pendant un an, à partir du moment où celui qu’on connaissait alors comme lauteur de La Lesbienne invisible a décidé de faire publiquement son coming out trans, Océan a enregistré toutes les étapes — médicales, physiques, psychologiques… — de ce parcours. Il a enregistré les réactions de ses ami·es, de ses proches et surtout celles de sa mère, à la fois aimante et réticente. Intense, intelligent, juste et terriblement drôle, Océan est un témoignage d’une rare pertinence. La projection sera suivie d’une rencontre avec Océan. 

Face à face, du 26 novembre au 1er décembre à Saint-Étienne / www.festivalfaceaface.fr 

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