Toujours en soirée disco, on poursuit la conversation débutée en novembre avec un·e interlocuteur·rice trans. L’occasion de réviser au passage les bases de la politesse.

La conversation continue sur un ton amical. Vous vous sentez plus à l’aise, plus en confiance. Vous vous posez toutes sortes de questions : comment s’appelait cette personne avant ? À quoi ressemblait-elle ? Et comment se passent ses relations, maintenant ? D’ailleurs, est-ce qu’elle a des relations ? … Vous lui demandez : 

  1. Son ancien prénom et une photo « d’elle avant » 
  2. Le détail des relations avec les membres de sa famille 
  3. Le détail de son orientation et de ses pratiques sexuelles
  4. Le détail de ses opérations chirurgicales 
  5. Ce qu’elle fait dans la vie. 

Vous avez répondu A, B, C, D : La curiosité mal placée joue de très vilains tours et votre interlocuteur·rice vous rembarre sèchement. Iel vous réplique qu’iel ne vous doit rien, que son passé / ses relations personnelles / sa sexualité / ce qu’iel fait de son corps ne vous regarde pas, et vous demande ensuite si vous posez ces questions à toutes les personnes que vous rencontrez en soirée ou si ce n’est que pour les personnes que vous considérez comme une attraction publique ? Vous êtes si mal à l’aise que vous aimeriez disparaître sous terre, mais à défaut, vous bafouillez des excuses, souhaitez bonne soirée et partez vous enterrer au fond du canapé. Le canapé est doux, réconfortant, et surtout ne pose pas de questions rhétoriques désagréables ; mais il ne vous fait pas oublier que l’interaction a été un échec cuisant et, au-delà de votre grand sentiment de honte, vous tremblez de recroiser votre ancien·ne interlocuteur·rice lors de soirées futures. 

E : Bonne réponse, les personnes trans aussi ont droit à leur lot de banalités dans les conversations. 

 

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