Pourquoi Jacqueline Audry, seule réalisatrice française dans les années 1940 et 1950, bien installée dans le milieu du cinéma français de l’époque, est-elle tombée dans l’oubli ? C’est à cette question que tente de répondre Didier Roth-Bettoni dans un documentaire diffusé le 26 septembre sur France Culture. 

Depuis qu’il a imaginé, en collaboration avec Nathalie Battus, Quand la création raconte le sida, série documentaire diffusée sur France Culture (et toujours disponible en podcast), notre chroniqueur ciné Didier Roth-Bettoni semble avoir attrapé le virus de la radio. Il prépare ainsi actuellement un documentaire de 54 min sur la réalisatrice Jacqueline Audry, qui sera diffusé le 26 septembre dans l’émission Toute une vie, toujours sur France Culture. Celles et ceux qui suivent assidûment les programmations du festival Écrans mixtes auront peut-être découvert Olivia, film de 1951 mettant en scène la naissance d’un amour lesbien chez une adolescente en pension, mais pour la majorité du grand public le nom de Jacqueline Audry reste aujourd’hui inconnu. Et pourtant, cette réalisatrice, qui fut l’unique réalisatrice française dans les années 40 et 50, qui fut la première à être membre du jury du festival de Cannes en 1963, était loin d’être une marginale, bien installée dans le monde du cinéma de son époque, collaborant avec une autrice comme Colette dont elle a adapté trois textes à l’écran (notamment Minne, l’ingénue libertine) ou avec Jean-Paul Sartre dont elle a proposé un Huis-Clos avec Arletty dans le rôle d’Inès Serrano, le personnage lesbien. À l’aide d’extraits d’interviews de l’INA, d’extraits de films, et avec les témoignages de Brigitte Rollet, sa biographe, de Jackie Buet, directrice du Festival de Films de Femmes de Créteil, de Clara Laurent, enseignante en cinéma, de Tania Campon de la Cinémathèque française ou encore de Frédéric Maget, directeur de la Maison de Colette,  Didier Roth-Bettoni va tenter de comprendre pourquoi cette réalisatrice bien installé, qui travaillait avec les actrices et acteurs en vue de son époque,  a disparu de l’histoire du 7ème art. Est-ce simplement parce qu’elle était une femme artiste ? Ou à cause de la liberté de ton de ses films qui ne parlent que de femmes qui se libèrent, sexuellement et socialement ? 

Toute une vie : Jacqueline Audry, la disparue du cinéma français de Didier Roth-Bettoni. Diffusion le 26 septembre 2020 à 15h et disponible en podcast sur France Culture.

 

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