Le festival Écrans Mixtes affirme sa veine féministe avec une programmation centrée sur des œuvres de réalisatrices, que ce soit les films de Delphine Seyrig, d’Ulrike Ottinger ou des cinéastes du New queer cinéma. 

Un hommage sera rendu à l’œuvre cinématographique de Delphine Seyrig que ce soit en tant que comédienne ou en tant que réalisatrice. Les projections de Sois belle et tais-toi (1976/1981) ou bien l’adaptation réalisée par Seyrig sous forme de court-métrage du S.C.U.M manifesto (1976), manifeste féministe radical écrit par Valérie Solanas en 1967, seront proposées. Ces deux films à la résonance politique permettent tant d’aborder les oppressions que subissent les femmes que leurs manières de répondre à celles-ci. Aussi, le choix fait de Delphine Seyrig est-il celui de mettre à l’écran un cinéma engagé. 

Une des rétrospectives de cette année portera sur le cinéma d’Ulrike Ottinger. L’accent sera mis à la restitution de son œuvre comme moment de l’avant-garde allemande dans laquelle celle-ci développe une esthétique personnelle, et hétéroclite, empruntée tant à l’expressionnisme qu’au mouvement Pop Art. On peut penser à son film Dorian Gray dans le miroir de la presse à sensation (1984), véritable chef d’œuvre au carrefour de la culture underground berlinoise et du nouveau cinéma allemand, dans lequel est revisité ce classique d’Oscar Wilde avec comme approche la célébrité à l’heure du sensationnalisme. 

 

Redonner une place aux réalisatrices

Enfin, une introduction au féminin du New queer cinema mettra en avant des films, hélas, invisibilisés dans l’histoire du cinéma comme Orlando (1993), film peu connu de Sally Potter librement interprété du roman de Virginia Wolff, dans lequel Tilda Swinton joue un personnage qui traverse les époques et les genres de la période victorienne à l’Amérique du début du XXème. L’occasion de redonner une place à ces réalisatrices au sein d’un mouvement du cinéma américain dont on ne retient souvent que les noms masculins comme Isaac Julien, Gus Van Sant ou Todd Haynes. Ces séances seront présentées par Anne Crémieux, enseignante et co-fondatrice du ciné-club le Septième Genre à Paris.

Ainsi, le visionnage de ces différents films pourrait-il donner l’occasion de débattre de la visibilité et de la représentation des genres dans le cinéma, mais aussi des combats que mènent les femmes à l’écran, et des esthétiques qu’elles fondent. 

Écrans mixtes, du 23 juin au 1er juillet dans la Métropole de Lyon / www.festival-em.org

 

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