L’avant-dernier week-end de janvier, durant trois jours, trois lieux, les Subs, le Théâtre du Point du jour et le Théâtre de l’Elysée unissent leurs forces pour proposer Azimuts, une quinzaine d’expériences artistiques, au public lyonnais, faisant la part belle aux questions LGBT+ et féministes.

À l’origine d’Azimuts, on trouve la volonté de trois lieux culturels lyonnais (les Subs, le Théâtre du Point du Jour et le Théâtre de l’Elysée) de mettre la jeune création à l’honneur durant trois jours. Et force est de constater que les questions de genres et de sexualités inspirent les artistes invité·es à présenter leurs travaux. C’est ainsi le cas de Marion Thomas qui propose Kit de survie en milieu masculiniste, un spectacle qui s’inscrit singulièrement dans la mouvance #MeToo en proposant aux spectatrices et spectateurs de découvrir les discours et positions des Incels, groupe d’hommes hétérosexuels nourrissant une haine farouche des femmes. 

De leur côté, Étienne Gaudillère et Giulia Foïs se saisissent d’une question dont l’actualité ne se dément malheureusement pas : peut-on séparer l’homme de l’artiste ? Aux polémiques actuelles sans cesse alimenter par de nouvelles révélations de violences sexuelles de la part d’hommes au statut public bien installé, l’artiste et la journaliste confrontent l’histoire de l’art. Depuis Conversation privée et Pale Blue Dot, on sait l’intérêt que porte Gaudillère à l’écriture de la contemporanéité du monde sur scène, le format Grand ReporTERRE du Théâtre du Point du Jour semble donc parfaitement s’inscrire dans la continuité de son travail artistique. 

azimuts

On peut également souligner le choix audacieux de la programmation d’Azimuts de proposer de sortir des sentiers battus en donnant à la culture de nuit une place à part entière au sein de la manifestation. Ainsi, l’activiste genevoise Isabelle Chladek propose Nos désirs font désordre, les vôtres sont-ils des ordres qui réunit une troupe de performeur·euses queers dont quelques un·es sont bien connu·es du public lyonnais comme Joël Defrance, Greta Gratos ou encore Rivière. En parallèle, le collectif techno, queer et punk fondé par Angel Karel, [NO GENDER] aurait dû transférer, le temps d’une édition, sa soirée militante et inclusive du Ninkasi aux Subs, mais les restrictions sanitaires en vigueur ne le permettent finalement pas. 

À l’heure où on dénie au monde de la nuit son statut culturel, notamment en ordonnant la fermeture des clubs pour raisons sanitaires, l’éclectisme d’Azimuts tente d’abolir ces frontières artificielles qui opposent culture installée et culture émergente, jeunesse et maturité, jour et nuit.

Du 21 au 23 janvier 2022 aux Subs, 8 bis quai Saint-Vincent-Lyon 1, au Théâtre du Point du Jour, 7 rue des Aqueducs-Lyon 5, ainsi qu’au Théâtre de l’Élysée, 14 rue Basse Combalot-Lyon 7.

Hétéroclite vous fait gagner 2×2 places pour la représentation de Nos désirs font désordre, les vôtres sont-ils des ordres du samedi 22 janvier à 21h aux Subs en envoyant nom+prénom à redaction[at]heteroclite.org (Objet : Azimuts).

 

© photo intérieure Raphaëlle Mueller 

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