Dodo
idahomètre place bellecour lyon statue de louis xiv 23 avril 2013 credit Julien Adelaere

Idahomètre : Grenoble et Saint-Étienne devant Lyon

L’Idahomètre tente d’évaluer l’engagement des municipalités dans la lutte contre l’homophobie, non sans contestation.

Quelles villes font le plus d’efforts pour lutter contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ? L’Idahomètre, un classement publié le 10 avril par le comité Idaho (organisateur de la Journée mondiale contre l’homophobie) et le think tank République et Diversité (présidé, comme le comité Idaho, par l’universitaire et militant Louis-Georges Tin) tente de dresser un état des lieux. Début 2012, les deux organisations ont envoyé un questionnaire portant sur une quarantaine de points (formation des agents municipaux, prises de position publique, soutien aux associations LGBT…) aux municipalités des cinquante plus grandes villes françaises. Après plus d’un an d’enquête, il s’avère que Saint-Étienne (13e) et surtout Grenoble (8e) sont mieux notées que Lyon (16e).

idahomètre lyon gay place bellecour copyright Julien Adelaere

Des résultats qui contrastent fortement avec ceux d’un autre classement : celui des villes les plus gay-friendly de France effectué par les lecteurs du magazine Têtu fin 2012. Lyon arrivait alors à la troisième place du podium (ex-æquo avec Rennes), très loin devant Grenoble (19e) et Saint-Étienne (22e et avant-dernière). Quand on y regarde de plus près, la divergence entre les deux classements s’explique facilement : ils ne mesurent tout simplement pas la même chose. De l’aveu même de ses initiateurs, l’Idahomètre permet «d’identifier non pas les villes les plus gay-friendly (celles où il y aurait le plus de lieux de convivialité homosexuelle, ce qui ne dépend pas vraiment des élu-e-s), mais les municipalités qui mettent en œuvre le plus de moyens pour lutter contre l’homophobie».

Saint-Étienne qui rit, Lyon qui pleure

Dans la préfecture de la Loire, dont les militants homos n’avaient pas vraiment apprécié les conclusions du classement de Têtu, on se réjouit bien sûr de ce palmarès plus favorable à Saint-Étienne. L’association Face à Face, qui organise chaque année le festival international du film gay et lesbien du même nom, souligne un «bon résultat» et rappelle que Louis-Georges Tin avait pu rencontrer des élus stéphanois à l’occasion de la dernière édition du festival, dont il était le président d’honneur. Autre son de cloche à Lyon, où David Souvestre, porte-parole de la Lesbian & Gay Pride, critique la méthodologie de l’Idahomètre : «aucune association lyonnaise n’a été consultée. Par ailleurs, les critères d’évaluation sont très subjectifs : pourquoi ne pas tenir compte par exemple du nombre d’adjoints qui participent à des manifestations LGBT ? Et qui peut croire que Montpellier et Lille [respectivement 10e et 17e, NdlR], dont les maires sont très gay-friendly, méritent un tel classement ?».

 

Photo © Julien Adelaere

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