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Lyon ville en rose ? heteroclite 2014

Élections municipales à Lyon : la ville en rose ?

À l’occasion des élections municipales, les têtes de liste à Lyon exposent dans Hétéroclite leur proposition pour lutter contre les discriminations et garantir l’égalité entre tous les Lyonnais.

Lorsqu’on évoque l’histoire du mouvement homosexuel et de sa lutte pour l’émancipation et l’égalité, les grandes avancées (et parfois, hélas, les grandes reculades) qui viennent en premier à l’esprit sont souvent nationales : dépénalisation, mariage, adoption, PMA… Pour autant, l’échelon municipal, par sa proximité avec les électeurs, ne doit pas être négligé dans le combat contre les discriminations. Illustration avec les différent-e-s candidat-e-s à la mairie de Lyon.

Sans surprise, c’est à gauche que la réflexion sur ces enjeux municipaux semblent le plus approfondie. Dans leurs propositions, écologistes, communistes et soutiens du GRAM (le parti fondé par la maire sortante du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert) ont d’ailleurs reconnu les progrès accomplis sous la mandature qui s’achève, durant laquelle ils ont fait partie de la majorité municipale. Cela ne les a pas empêché de souhaiter que ceux-ci aillent plus loin, d’exprimer des désaccords de fond avec Gérard Collomb (par exemple sur la question des arrêtés anti-prostitution) et de déplorer son manque d’enthousiasme à soutenir le mariage pour tous ou son opposition à la PMA… jusqu’à son soudain changement d’avis.

De leur côté, les soutiens du maire sortant ont rappelé son engagement auprès des associations LGBT (dont les subventions ont quadruplé depuis 2008). Ils soulignent aussi que Lyon a été, en 2010, la première ville à se voir récompensée par le label Diversité décerné par l’Association française de normalisation (AFNOR), notamment pour la formation de ses agents.

À droite, pas de véritables propositions

Au centre, Éric Lafond (déjà candidat en 2008 sous les couleurs du Modem et qui se présente aujourd’hui en indépendant) semble ne pas avoir très bien intégré la dimension municipale que pouvait revêtir la lutte contre les discriminations et se retranche derrière la promesse générale (et un peu vague) de faire de Lyon une ville “pour tous“. Sa prise de position sans ambiguïté sur la déportation pour motif d’homosexualité durant la Seconde Guerre mondiale réjouira cependant les associations LGBT lyonnaises : il y a six ans, celles-ci s’étaient indignées des déclarations d’un de ses colistiers qui avait affirmé qu’«il n’y a pas eu de déportation d’homosexuels pour ce motif en France».

Contrairement à Éric Lafond, Michel Havard, le candidat soutenu par l’UMP et l’UDI, a signé la “Charte des municipales“ promue par La Manif pour tous. Par ce document, les aspirants-maires s’engagent notamment en faveur de l’abrogation de la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels. Soucieux de ne pas trop “droitiser“ son image (certains à l’UMP et au FN l’ont d’ailleurs trouvé trop modéré dans sa contestation de la loi Taubira), il condamne les actes et les propos homophobes, salue le soutien apporté aux victimes mais peine à formuler de véritables propositions.

Enfin, Christophe Boudot, le candidat du Rassemblement Bleu Marine, qui regroupe le Front national et ses sympathisants non-encartés, est la seule tête de liste qui n’ait pas répondu à nos sollicitations. Si, dans le Marais, le parti de Marine Le Pen a présenté des candidats ouvertement gays, Lyon n’est pas Paris et la stratégie de drague de l’électorat homosexuel n’est pas aussi avancée chez l’extrême-droite française que chez ses homologues du nord de l’Europe. Mais faut-il vraiment s’en plaindre ?

 

Élections municipales, les 23 et 30 mars

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