Les pépites queers du Festival Lumière 2014

Difficile de ne rien manquer de la programmation du Festival Lumière 2014, même si on se concentre sur ces quelques rendez-vous LGBTQI (au sens très large).

Voilà un festival qui a compris que le plaisir naît aussi de la frustration. Et Dieu sait que celle-ci va forcément être au rendez-vous tant il sera difficile de tout voir dans la programmation du festival Lumière 2014, même si on se concentre sur les rendez-vous LGBTQI (au sens très large).

Les filles auront le choix entre les marcels très butchs de Sigourney Weaver dans la saga Alien, le Technicolor sublimant la maîtresse-femme Joan Crawford de Johnny Guitar (photo ci-dessous) et les mises en scène très pré-féministes de la grande Ida Lupino, actrice magnifique mais aussi une des rares réalisatrices du Hollywood des années 50, dont quatre films (en particulier le somptueux Le Voyage de la peur) sont présentés.

joan crawford johnny guitar nicholas ray festival lumière 2014 lyon heteroclite

Les garçons amateurs de glamour assisteront à la master class de Faye Dunaway et rêveront devant sa beauté sidérante dans Portrait d’une enfant déchue.

Les sensibles fans de Jacques Demy iront écouter Michel Legrand, tandis que les amateurs d’action redécouvriront le premier (et très ambivalent) film de Michael Cimino, Le Canardeur, avec Clint Eastwood et le jeune Jeff Bridges n’hésitant pas à se travestir.

De grands classiques à revoir

Pour ceux que le queer titille et qui aiment les expériences esthétiques, c’est du côté de l’hommage à Isabella Rossellini que cela se passera avec la projection de The Saddest Music in the World de l’incroyable Guy Maddin.

Il faudrait ajouter bon nombre de grands classiques à re-revoir : le Ben-Hur de William Wyler et son sous-texte gay, le beau Dorian Gray d’Albert Lewin d’après Oscar Wilde, l’hymne à la différence qu’est le Nosferatu muet de F. W. Murnau, la tragédie italienne d’Une journée particulière d’Ettore Scola, entre une ménagère et un homo sur fond de fascisme…

Mais on terminera comme on a commencé en vous recommandant ce qui est peut-être le plus grand film du monde sur la frustration sexuelle sous toutes ses formes : Reflets dans un œil d’or de John Huston, avec Elizabeth Taylor et Marlon Brando !

 

Festival Lumière, du 13 au 19 octobre à Lyon / www.festival-lumiere.org

Photo 1 : Charlton Heston dans Ben-Hur (1960) de William Wyler
Photo 2 : Joan Crawford dans Johnny Guitar (1954) de Nicholas Ray

Poster un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Magazine made for you.

NOUS SUIVRE