Dodo

Festival Lumière 2016 : Deneuve avec du vieux

D’accord, il y aura Catherine Deneuve. Mais elle ne sera pas la seule à apporter une touche rainbow au festival Lumière 2016. Focus sur trois rétrospectives comprenant des films anciens mais pas moins friendly pour autant…

Dorothy Arzner

Dans le cadre de son «Histoire permanente des femmes cinéastes», le festival Lumière 2016 propose de redécouvrir, après la Française Jacqueline Audry l’an dernier, l’Américaine Dorothy Arzner (1897-1979). Active de la fin des années 20 jusqu’au début des années 40, Arzner fut durant les années 30 la seule femme réalisatrice d’Hollywood, où elle entretint des liaisons avec quelques-unes des étoiles du cinéma muet, comme Alla Nazimova ou Billie Burke. Ses films mettent généralement en scène des personnages féminins libérés et les sous-entendus lesbiens n’y sont pas rares. Le festival programme sept de ses films dont sans doute le plus célèbre, Dance, Girl, Dance (1940).

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Marcel Carné

Le réalisateur du mythique Quai des Brumes (1938) a longtemps été discret sur son orientation sexuelle, sans pour autant se cacher. «J’aime mieux les choses qu’on devine» confiait-il en 1982 dans Masques, la «revue des homosexualités». Ce thème revient en effet, de manière sous-jacente, à maintes reprises dans son œuvre. C’est par exemple le personnage de gigolo monnayant ses charmes auprès des deux sexes incarné par Laurent Terzieff dans Les Tricheurs (1958). C’est la liaison entre les truands Lacenaire et Avril dans Les Enfants du Paradis (1945). C’est Adrien, le jeune homosexuel incarné par François Perrier et qui rêve de s’envoyer en l’air avec un soldat dans Hôtel du Nord (1938).

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Le Festival Lumière 2016 permet de revoir ces trois films, ainsi qu’une dizaine d’autres, dans le cadre d’une rétrospective consacrée à Marcel Carné. Il fera également l’objet d’une master class animée par Noël Herpe. Cet historien du cinéma et écrivain gay avait contribué, il y a deux ans, au recueil Les Lucioles (éditions Des Ailes Sur Un Tracteur), un livre dont les bénéfices avaient été reversés à l’association Le Refuge.

 

Universal Monsters

Ah bon, il est queer, le monstre de Frankenstein ? Bah oui, évidemment. Queer au sens originel du terme, qui signifie en anglais «bizarre», «tordu», «étrange». Lui et ses copains loups-garous, vampires, goules et autres momies sont pour toujours des réprouvés. Ces créatures de la nuit incarnées par des acteurs outrageusement maquillés ne vivent pas sur le dancefloor de la GS mais dans des châteaux perdus au milieu des Carpates, des pyramides enfouies sous les sables du désert, des forêts de sapins sombres que seule éclaire la pleine lune. Bref, ils restent en marge de la société, porteurs d’inavouables secrets.

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La littérature et le cinéma fantastiques ont toujours été de puissants vecteurs de représentation de la différence, de toutes les différences. On en aura encore une fois la preuve avec cinq grands classiques du cinéma d’horreur produits par les studios Universal dans les années 30 (plus un rejeton tardif datant des années 50, L’Étrange Créature du lac noir) : Dracula, Frankenstein, La Fiancée de Frankenstein, La Momie et L’Homme invisible.

Festival Lumière, du 8 au 16 octobre dans la Métropole de Lyon / www.festival-lumiere.org

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