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Alors que 38 millions de personnes vivent avec le VIH, le MUCEM de Marseille consacre une exposition inédite à l’histoire sociale et politique du sida.

VIH-sida, l’épidémie n’est pas finie au MUCEM

Quarante ans après la découverte du VIH-sida, à l’origine de près de 36 millions de morts, l’épidémie n’a pas cessé de circuler : on compte aujourd’hui une contamination toutes les 19 secondes et un décès toutes les 46 secondes.

Les traitements antirétroviraux permettent désormais de vivre avec la maladie, et certains outils politiques et médicaux favorisent en théorie le contrôle de l’épidémie. Pourtant, près d’un million de séropositif·ves dans le monde continuent chaque année d’en mourrir. 

Alors que 38 millions de personnes vivent avec le VIH, le MUCEM de Marseille consacre une exposition inédite à l’histoire sociale et politique du sida, revenant sur la policité d’une épidémie par deux fois particulière : d’abord parce qu’elle a, via ses modes de transmission, touché des populations préalablement stigmatisées ; ensuite parce que les groupes contaminés se sont eux-mêmes organisés pour lutter, transformant par là-même le rapport médecins-patient·es, la recherche thérapeuthique et la recherche en sciences sociales.

vih-sida

VIH/sida, l’épidémie n’est pas finie porte sur la maladie un regard à la fois rétrospectif et actuel. L’exposition retrace ainsi l’évolution des représentations publiques du sida (soulignant entre autres les fonctions de l’image dans le militantisme, ou le rôle de la télévision dans la stigmatisation des séropositif·ves) et porte la focale sur les acteur·ices oublié·es de la lutte : usager·ères de drogue, travailleur·euses du sexe, personnes transgenres, incarcéré·es et migrant·es en France. Elle revient également sur l’évolution des traitements contre les VIH en fonction de leurs conséquences sur les malades et des inégalités d’accès aux traitements à l’échelle mondiale, qui suscitent aujourd’hui de nouvelles luttes.

L’exposition aborde enfin les héritages de l’épidémie, soulignant à la fois la persistance de la stigmatisation et de la sérophobie (y compris sur des applications de rencontre gays comme Grindr) et les acquis politiques de la lutte contre le VIH-sida.

À voir

Exposition VIH/sida, l’épidémie n’est pas finie, jusqu’au 2 mai 2022 au MUCEM, 1 esplanade du J4-Marseille.

Le 19 mars à 15h au MUCEM, projection de Jeanne et le garçon formidable d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau, suivie d’un échange entre les réalisateurs et Didier Roth-Bettoni.

Le 19 mars à 20h30 au MUCEM, le Collectif Dragones propose une Dragoscopie qui se penche sur les liens historiques unissant les drags et les questions relatives au sida.

À lire

Le catalogue de l’expo VIH-sida, l’épidémie n’est pas finie. Ouvrage collectif (Éditions Anamosa). En librairies. 

 

© Marianne Kuhn

© Jean-Baptiste Carhaix

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