En cette période de cérémonies de remise de prix, beaucoup ont souligné un palmarès des Oscars plus ouvert à la diversité que les années précédentes – contrairement aux Césars à qui le sujet semble toujours totalement échapper.

 

L’Académie américaine a en effet  appris de ses erreurs et notamment des polémiques de 2015 et 2016 où aucune actrice ni acteur noir·e n’avait été nommé·eEn outre, l’édition 2019 a récompensé deux acteurs et une actrice pour des rôles de personnages LGBT. Rami Malek a ainsi obtenu l’Oscar du meilleur acteur pour son interprétation de Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody, Olivia Colman celui de la meilleure actrice pour le rôle d’une reine lesbienne dans La Favorite et Mahershala Ali celui du meilleur acteur dans un second rôle pour son incarnation du pianiste noir et gay, Dr une 142 © sarah fouassier - edito arrete ton cinemaDon Shirley, dans Green Book. Si on peut se féliciter de la visibilité ainsi donnée à des personnages LGBT, on ne peut s’empêcher de constater que tous ces rôles n’ont pas été confiés à des interprètes ouvertement gays ou lesbiennesBien sûr, on aimerait pouvoir se rattacher au principe selon lequel le propre d’une actrice ou d’un acteur est de pouvoir incarner tout type de personnages. Malheureusement, la confrontation avec les faits met à mal cette belle utopie égalitaire. Ce sont, la plupart du tempsdes actrices et acteurs hétéros et cis qui héritent des rôles principaux de personnages LGBT.

La polémique refait notamment surface à chaque fois qu’une actrice cis se voit confier le rôle d’une femme trans alors que le cas d’une actrice trans interprétant le rôle d’une femme cis est rarissime. En outre, beaucoup de comédiennes et de comédiens LGBT hésitent à faire leur coming-out, de peur de se voir cantonner à des rôles secondaires de personnages LGBT. Rupert Everett nous expliquait en effet, dans l’édition de décembre d’Hétéroclite,  que sa carrière avait sans doute pâti de la transparence dont il avait fait preuve sur son orientation sexuelle. Au regard des faits, il semble donc que, si les acteurs et actrices hétéros et cis peuvent accéder à des rôles de personnages LGBT, la réciproque n’est pas toujours vraie, créant un déséquilibre au détriment des acteurs et actrices LGBT. Et tant que perdure ce déséquilibre, on ne peut pas se contenter d’affirmer que le propre des comédiennes et des comédiens est de pouvoir incarner tout type de personnages et clore le débat. 

 

© Sarah Fouassier

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