Dans son dernier ouvrage Un féminisme décolonial, l’autrice et chercheuse Françoise Vergès se propose de mettre en lumière un versant du féminisme primordial pour les luttes actuelles des femmes racisées. À travers cet ouvrage radicalelle n’hésite pas à nous parler de sujets qui fâchent… et ça fait du bien ! 


Le féminisme 
décolonial dont parle
 Françoise Vergès est un féminisme que l’on peut qualifier d’antiraciste. La chercheuse  n’hésite pas à poser des questions incisives et d’autant plus nécessaires : q
uelle alliance les féministes racisées peuvent-elles envisager avec les féministes blanches ? Quel rapport entre la société capitaliste et l’exploitation des femmes racisées ? francoise verges-feminisme-decolonialComment les femmes racisées peuvent-elles envisager de militer avec les hommes racisés sans accepter de subir leur misogynie ? Tout au long de son ouvrage, l’autrice répond à ces questions toutes plus complexes les unes que les autres. De plus, Vergès se propose aussi d’ « analyser pourquoi et comment les droits des femmes sont devenus une arme idéologique au service du néolibéralisme ». Selon la chercheusele féminisme européen est un féminisme civilisationnelCe dernier serait promu par les white feminists qui « n’hésitent pas à apporter leur soutien à des politiques d’intervention impérialistes, à des politiques islamophobes ou encore négrophobes ». D’ailleurs sur l’islamophobie des féministes blanches, Françoise Vergès se permet de rappeler à Alice Shwarzer (figure du féminisme allemand des années 1970) qui avait sous-entendu, suite à l’affaire de Cologne, que les musulmans mettaient en péril le droit des femmesque : « Ni les menaces sur les lois sur l’avortement et la conception, ni l’exploitation des femmes racisées et des femmes migrantes, ni la systémisation du travail partiel sous-payé et sous-qualifié pour les femmes en Europe n’ont été le fait des musulmans. » 

La poursuite des luttes des femmes du Sud  
C’est  afin de combattre les différents types d’oppressions que subissent les femmes racisées, notamment le racisme des sociétés occidentales et la misogynie des sociétés patriarcales que le féminisme décolonial voit le jourToutefois, Françoise Vergès souligne que le féminisme décolonial n’est pas un nouveau courant du féminisme mais qu’il s’inscrit dans la continuité des combats des femmes du SudElle écrit d’ailleurs : « Il ne s’agit donc pas d’une nouvelle vague du féminisme, mais de la poursuite des luttes d’émancipation des femmes du Sud global. »

 

Un féminisme décolonial de Françoise Vergès (La Fabrique). En librairie. 

 

 

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