L’Assemblée a adopté le 12 février un amendement instaurant le remplacement des termes « père » et « mère » par « parent 1 » et « parent 2 ». Véritable avancée ou fausse bonne idée ? 

Dans le cadre du projet de loi sur « l’école et la confiance »l’Assemblée Nationale s’est interrogée sur la façon de qualifier les parents dans les formulaires administratifs à usage scolaire (fiches d’état-civil, autorisations de sortie, inscriptions à la cantine, etc). Le gouvernement et la corapporteure considéraient que cette question ne dépendait pas de la loi. L’Assemblée n’a pas été de cet avis, et a adopté en première lecture, le 12 février, un amendement instaurant le remplacement des termes « père » et « mère » par « parent 1 » et « parent 2 ». L’objectif de cet amendement, essentiel au regard de l’égalité entre les familles, est d’abandonner une formulation obsolète qui oblige les familles homoparentales à entrer de façon ridiculement artificielle dans le cadre administratif des autres familles.  

Les mouvements conservateurs de droite et d’extrême-droite se sont servis de ce débat pour déverser leurs idées nauséabondes. Alors que la Manif Pour Tous hurle au texte « déshumanisant »Valeurs Actuelles nous propose un titre sexiste à souhait : « Parent 1/ Parent 2 : et ta sœur ? », tandis que La Croix gratifie son lectorat d’un : « à quand un parent 3 et un parent 4 » (ce qui, au passage, est une excellente idée que nous aborderons dans un article ultérieur sur les conventions de co-parentalité). 

Vers une sémantique plus juridique et moins genrée ?
L’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens et SOS Homophobie se sont félicités de cette initiative qui permet une prise en considération de toutes les familles. L’Association des familles homoparentales s’est néanmoins émue de la création d’une « hiérarchie parentale ». Il faut en effet s’interroger sur qui serait le parent 1 et le parent 2. On pense par exemple aux couples lesbiens dans lesquels le piège serait de considérer que le parent 1 est la mère qui a porté l’enfant. L’Association des familles homoparentales propose donc d’inscrire deux fois les termes « père/mère », à charge pour les parents de rayer les mentions inutiles.   

On pense également à une sémantique plus juridique et moins genrée Ne suffirait-il pas que les formulaires administratifs nomment ce que sont les parents au regard de la loi : des « représentant·es légaux·les » ? Et ce avec deux cadres pour mentionner les noms des deux représentants, sans considération de leur genre et de leur sexualité. 

 

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