Alors que Disneyland Paris a organisé le 1er juin sa Magical Pride, une parade destinée à « célébrer la diversité » en présence des personnages Disney et a sorti pour l’occasion une « gamme de produits Magical Pride inédits » (comprendre : des figurines Mickey arc-en-ciel), il nous semble hautement nécessaire de rappeler les raisons qui nous poussent à défiler dans la rue lors des Marches des fiertés LGBT. 

En effet, aurait-on à l’esprit dans les bureaux de Marne-la-Vallée d’organiser une Magical Work Pride aux couleurs de la CGT à l’occasion du 1er mai, avec des petites figurines d’Henri Krasucki affublées d’oreilles de Mickey ? Permettez-nous d’en douter.  

H145une fiertes editoÀ l’occasion du cinquantième anniversaire des émeutes de Stonewall (cf. p. 16-17), n’oublions pas que la Marche des fiertés (terme à préférer à l’anglophone Gay Pride, trop réducteur) trouve son origine historique dans la rébellion d’un groupe de travesti·es, de personnes trans, de lesbiennes et de gays, pour la plupart racisé·es, contre les forces de l’ordre d’une société oppressive et discriminante.  

À l’heure où la France, l’Italie et la Hongrie placent en tête de leurs suffrages aux élections européennes des partis nationalistes et extrémistes (cf. p. 23) et où l’Alabama fait drastiquement reculer le droit à l’avortement, il faut se souvenir que, sous les aspects festifs des événements qui jalonnent la Quinzaine des cultures LGBT et qui trouvent leur apogée lors de la Marche, résident des luttes et des combats pour l’égalité des droits. Qu’ont Donald et Daisy à nous dire sur l’ouverture de la PMA à toutes les femmes sans cesse repoussée par le gouvernement ? Rien. Quelles sont les propositions de Riri, Fifi et Loulou pour faire progresser les droits des personnes trans auxquels aucun dirigeant politique ne semble concrètement s’intéresser ? Aucune.  

Nos luttes ne sont pas à vendre. Pas plus que nos modes d’expression et de militantisme, hérités de l’exubérance des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence dont on fête les 40 ans cette année (cf. p. 20-21) ou de l’agitprop si chère à Act-Up Paris qui souffle ses 30 bougies. Défiler dans la joie ne signifie pas défiler sans revendications. Puisque Disney veut faire danser ses princesses hétéronormées sur nos têtes, laissons-leur entrevoir la soif d’égalité de nos queens et kings, le 15 juin prochain. 

© Sarah Fouassier

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