On n’est pas forcément obligé de chanter le tube de Leslie mais il est indéniable que l’édition 2020 de Sens Dessus Dessous nous donne envie de renverser la table, notamment avec les spectacles très attendus de Oona Doherty, de (La)Horde et de La Veronal. 

 

[MÀJ du 10/03/20 à 15h57 : Le spectacle Marry me in Bassiani du collectif (La)Horde est annulé, suite aux informations communiquées par le Ballet national de Marseille et à la demande du Ballet Iveroni de Géorgie qui ne souhaite pas voyager par mesure de précautions. Les représentations des vendredi 13 et samedi 14 mars 2020 sont donc annulées ainsi que la soirée du samedi 14 mars « C’est Extra », directement liée au spectacle.]

 

Depuis 8 ans, le festival Sens Dessus Dessous proposé par la Maison de la Danse de Lyon fait la part belle à des créations pointues et permet de découvrir, aux côtés de chorégraphes confirmé·es, les générations émergentes de la danse contemporaine. L’édition 2020 ne déroge pas à la règle et invite le temps d’une soirée trois jeunes compagnies à présenter leur création en cours. À leurs côtés, six autres spectacles seront proposés dont Mass du chorégraphe Pierre Pontvianne, régional de l’étape. Amala Dianor proposera The Falling Stardust et Gisèle Vienne délocalisera Crowd, qu’elle avait déjà présenté à la Maison de la Danse, à Annecy sur la scène de Bonlieu. 

Du féminisme funky et de la techno insurrectionnelle
Également dans la programmation cette année, Oona Doherty, la jeune chorégraphe originaire de Belfast, qui avait présenté, lors de la Biennale 2018, sa fresque Hard to be soft sur les masculinités nord-irlandaises. Elle revient à Lyon avec Lady Magma, pièces pour cinq danseuses. Sur un plateau au décor psychédélique qui évoque les papiers-peints de 70’s de nos grands-parents, les interprètes affublées de shorts à sequins très disco, évoluent sur une bande-son funk. C’est dans cet écrin pour le moins étonnant que Doherty installe sa réflexion sur le féminisme, sur la force collective des femmes et sur le pouvoir des sorcières. 

Autre collectif déjà présent lors de la Biennale 2018, (La)Horde viendra présenter Marry me in Bassiani. Le spectacle a déjà été montré cette saison à Annecy, Clermont-Ferrand et Saint-Étienne, il fera enfin une halte à Lyon. Après To Da Bone, qui nous avait un peu laissé sur notre faim, on attend beaucoup de cette pièce qui fait se rencontrer raves techno et folklore géorgien, pour dire le pouvoir insurrectionnel de la danse. 

Des humanoïdes sauce Shining
Enfin, on se penchera avec intérêt sur la proposition de la compagnie espagnole de Marcos Morau, La Veronal, qui vient pour la première fois à la Maison de la Danse. Le plateau de Pasionaria s’ouvre sur un impressionnant décor : un grand escalier descend vers sur ce qui semble être un hall d’entrée (d’hôtel ? d’institut médical ? de musée ?) agrémenté de hautes et larges fenêtres s’ouvrant sur la nuit étoilée. Dans cet environnement anonyme apparaissent des sortes de vigiles dont la démarche saccadée semble faire écho à la musique électronique ponctuée de bips inquiétants et de bruits de machines. Une jeune fille descend les marches telle une poupée désarticulée, des cris jaillissent de la pénombre. Il y a du Shining dans l’allure de ces humanoïdes-là. 

Lady Magma, les 9 et 10 mars à Pôle en Scènes-Espace Albert Camus, 1 rue Maryse Bastié-Bron

Pasionaria, les 9 et 10 mars à la Maison de la Danse, 8 avenue Jean Mermoz-Lyon 8

Marry me in Bassiani, les 13 et 14 mars à la Maison de la Danse, 8 avenue Jean Mermoz-Lyon 8

Toute la programmation de Sens Dessus Dessous : 04 .72.78.18.00 / www.maisondeladanse.com

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