Dodo
maison de la danse Catherine Gaudet Au sein des plus raides vertus credit Mathieu Doyon

Histoire, genre & sexualité au programme de la Maison de la Danse

La saison 2016-2017 de la Maison de la Danse est placée sous le signe de la diversité et affiche à ce titre des spectacles qui revisitent l’Histoire de la discipline et d’autres qui abordent les thématiques du genre et de la sexualité.

Plus que jamais, la volonté de Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la Danse, est de rendre accessible cet art qui peut parfois sembler complexe, en y apportant de la diversité et en prônant sans relâche l’excellence artistique. Entre hommes en tutu, show transformiste grotesque et spectacle féministe, la programmation de la saison 2016-2017 témoigne par ailleurs de la diversité des genres et des styles minoritaires.

Ce long récit de l’Histoire de la danse débute avec une exposition au musée des Confluences, Corps rebelles ( du 13 septembre 2016 au 5 mars 2017), dont la Maison de la Danse est partenaire. Par le biais d’œuvres emblématiques, elle retrace l’histoire de la danse sur l’ensemble du XXe siècle, avec pour vocation de faciliter l’appréhension des enjeux esthétiques et poétiques de la danse, en laissant entrevoir toutes ses réalités à travers différentes représentations du corps dansant : la danse vulnérable, la danse virtuose, la danse savante, la danse populaire…

Ce sera également l’occasion de découvrir certains artistes sous un jour plus intime, lors de résidences ouvertes au public, au cœur même de l’exposition, avec Serge Aimé Coulibaly, le collectif ÈS, Qudus Onikeku, Denis Plassard et Bouba Landrille Tchouda. Enfin, des ateliers de danse interactifs seront proposés et permettront à celles et ceux qui le souhaitent de pratiquer sous l’œil avisé d’un professeur.

Corps et sexualité

Alain PlatelAnnoncé comme la sensation de la rentrée, Mahler Projekt (les 27 et 28 septembre) du chorégraphe Alain Platel, donné ici en première française, se penche avec une fragilité certaine sur l’Europe du début du XXe siècle, une période troublée qui a finalement mené à la Première Guerre mondiale, et s’appuie sur les écrits de l’historien Philipp Blom pour établir un parallèle entre le passé et notre époque. Alain Platel aime mettre en avant les exclus, ceux qu’il nomme les oubliés de la société, avec une vision humaine, délicate et pleine d’empathie. On se souvient particulièrement de son magnifique Gardenia, avec notamment Vanessa Van Durme, dont la dernière représentation avait été immortalisée dans le documentaire Before The Last Curtain Falls. Mahler Projekt, une œuvre au féminisme paradoxal, puisque l’on retrouve neuf hommes sur le plateau, sera présenté aux mêmes dates que le véritable OVNI de cette saison.

Euripides LaskaridisRelic est un solo inclassable, un show grotesque et décalé qui plonge le spectateur dans un univers incongru, où des actions quotidiennes d’une banalité absolue viennent se confronter au monstrueux déguisement indescriptible et difforme endossé par le chorégraphe et danseur Euripides Laskaridis, perché sur ses talons.

Catherine GaudetSur les thèmes du corps et de la sexualité, Au sein des plus raides vertus (les 28 et 29 septembre) est une danse organique qui oppose désir et conventions sociales lors d’un quatuor aussi dynamique que sexy. Ce nouveau spectacle de Catherine Gaudet s’affranchit totalement des dictats de la danse et propose au spectateur un tableau contemporain, typique de la scène canadienne actuelle. Sur fond de morale judéo-chrétienne, les corps musclés s’enlacent, se repoussent et s’étreignent dans une atmosphère animale agitée et sexuelle.

Chicos Mambo

Légèreté et gravité

Tutu (du 22 au 27 novembre) porte bien son nom et réunit sur la scène six hommes en tutu. Tantôt danseurs, acrobates, ou clowns, les Chicos Mambo nous entraînent, en une vingtaine de tableaux, dans un univers décalé où le genre n’a plus d’importance et permet le port de n’importe quelle tenue ! En passant du classique tutu de ballet au pantalon tutu avoisinant le pilon de poulet, cette pièce est un pur moment de plaisir qui mêle habilement humour et prouesse technique, rassemblant un public aussi bien constitué d’amateurs que de novices.

Dorothee Munyaneza

Pour clôturer notre sélection, l’artiste pluridisciplinaire Dorothée Munyaneza nous emmène dans le Rwanda des années 90 et raconte avec force la sanglante journée du 6 avril 1994, date de l’attentat contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana. Samedi Détente (le 18 mars) illustre par le chant et la danse le terrible génocide des Tutsis qui s’en suivit. Grande conteuse, Dorothée Munyaneza retrace avec pudeur et humanité ce drame qui a bouleversé des centaines de milliers de vies, mais également les moments du quotidien, paisibles, qu’elle a pu connaître avant.

 

 

Maison de la Danse, 8 avenue Jean Mermoz-Lyon 8 / 04.72.78.18.00 / www.maisondeladanse.com

 

 

Photo de Une : Au sein des plus raides vertus © Mathieu Doyon
Photo 1 : Mahler Projekt © Chris Van Der Burght
Photo 2 : Relic © Evi Fylaktou
Photo 3 : Tutu © Michel Cavalca
Photo 4 : Samedi Détente © Laura Fouquère

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