Sorti sur les écrans en 1970, le chef-d’œuvre de Jacques Demy, Peau d’âne, est une sucrerie pop et kitsch dont on ne se lasse jamais.

Qu’on se le dise clairement : Jacques Demy est l’un des réalisateurs les plus originaux que notre pays ait enfanté au siècle dernier. Et l’un des plus «hétéroclites» pour son époque. Ces deux évidences une fois rappelées, il est normal de s’enthousiasmer pour la projection par la Cinémathèque de Grenoble de son chef-d’œuvre absolu qu’est Peau d’âne, sorti en 1970.

Demy fait de cette histoire d’inceste inspirée du conte de Perrault (un roi veuf décide de se remarier avec sa fille… qui n’est guère enthousiaste !) une fable kitch assumée, où les valets et les chevaux sont peints de la tête aux pieds aux couleurs de leur souverain – bleu ou rouge selon le royaume -, où les robes de Catherine Deneuve sont plus Jean-Paul Gaultier les unes que les autres et où il est de bon ton de se rouler dans l’herbe en «se gavant de pâtisseries» (à chanter, si possible, aussi aigüe que le fait l’héroïne).

Peau d'âne

Car oui, Peau d’âne est une comédie musicale aux accents pop précurseurs signés Michel Legrand (collaborateur fidèle de Demy) et c’est pour ça qu’on aime tant ce film, fruit d’un subtil dosage entre poésie visuelle et sonore. Un peu aussi pour Jacques Perrin et ses somptueux collants, beaucoup pour l’anachronisme final – l’arrivée du roi et de la fée des lilas en hélicoptère – tout simplement fabuleux !

 

Peau d’âne, jeudi 12 avril à 16h30 à la Salle Juliet Bertho, passage du Palais de Justice-Grenoble

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