Dans son « seul-en-scène », S’il se passe quelque chose Vincent Dedienne revient sur la genèse de son désir de devenir acteur, bien avant de connaître le succès au micro de France Inter ou devant les caméras de Canal +. Il évoque son enfance à Mâcon auprès de ses parents adoptifs, sa fascination pour les actrices, les brimades liées à son physique et la découverte de son homosexualité.

Vincent Dedienne heteroclite juin 2014 copyright Louise RossierCeux qui ont vu le spectacle Mais tous les ciels sont beaux (présenté en novembre 2012 au Théâtre des Clochards célestes à Lyon) se souviennent sans doute de Vincent Dedienne : il y incarnait l’écrivain Hervé Guibert au seuil de la mort, terrassé par le virus du sida. C’est durant la création de ce spectacle mis en scène par Sarah Seignobosc que le jeune comédien, âgé aujourd’hui de 30 ans et jusqu’alors habitué au travail de troupe, commence à écrire ce qui deviendra son premier « seul-en-scène », S’il se passe quelque chose, créé en mai 2013 à Paris. «La lecture d’Hervé Guibert m’a désinhibé et a levé l’appréhension que je pouvais avoir vis-à-vis de l’écriture de soi», confie-t-il.

Un spectacle largement autobiographique

La Pudeur ou l’impudeur aurait d’ailleurs pu servir de titre à ce spectacle comique dans lequel Vincent Dedienne commence par se présenter entièrement nu, puis tantôt affublé d’une perruque fin XVIIIe, tantôt monté sur des talons hauts, et où il évoque aussi bien son enfance dans une famille d’adoption que sa rupture avec son mec. Mais s’il s’ouvre aux spectateurs avec beaucoup de sincérité et de franchise, il ne fait qu’effleurer le thème de son homosexualité, contrairement à d’autres humoristes tels que le sémillant Jefferey Jordan (Jefferey Jordan s’affole) ou l’irrésistible Océanerosemarie (La Lesbienne invisible) qui, chacun à leur manière, ont su mettre en scène la leur avec intelligence et drôlerie.

« Des choses qui évoquent l’homosexualité« 

«Ce n’est pas un sujet en soi dans le spectacle parce que ce n’en est pas un dans ma vie. À vrai dire, pour le moment, je n’ai rien de très pertinent à dire dessus, sans doute par manque d’expérience. Et si on parle d’homosexualité, il faut en parler bien, d’autant plus après tout ce qui s’est passé avec La Manif pour tous. Mais je crois néanmoins qu’il y a des choses dans le spectacle qui évoquent l’homosexualité sans que je m’en rende bien compte, comme le travestissement, par exemple : c’est un outil du théâtre et de la comédie dont je ne voulais pas me priver, parce qu’il m’amuse beaucoup. Il y a ainsi des choses qui m’échappent et c’est tant mieux». Queer presque malgré lui, donc…

 

S’il se passe quelque chose de Vincent Dedienne
www.vincentdedienne.fr

 

Vendredi 15 juin 2018 et du 20 au 23 juin 2018 au Radiant-Bellevue à Caluire-et-Cuire (69)

 

Photos Vincent Dedienne © Louise Rossier

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