De Camille Germser, le public lyonnais connaît La Sublime Revanche ou encore Les Précieuses Ridicules, son music-hall adapté de Molière qu’il a maintes fois repris et retravaillé. Il revient aujourd’hui avec une adaptation d’une nouvelle de Prosper Mérimée, toujours en musique. 

 

Federigo est une nouvelle de Prosper Mérimée, datant de 1829, que le metteur en scène lyonnais Camille Germser a découvert par hasard au cours d’une insomnie. Présenté par son auteur comme étant issu d’une tradition napolitaine médiévale, ce texte dépeint les aventures d’un gentilhomme qui verse dans les excès du jeu, de l’alcool et de la luxure. Il s’agit surtout d’une parodie d’exemplum, une courte histoire orale qui permettait d’éduquer les foules en montrant l’exemple à suivre. En confrontant le séduisant personnage de Federigo à Dieu, à Jésus Christ et aux douze apôtres, Mérimée livre avec ce texte à la morale flottante une fable drôle et polémique. Intrigué par cette forme littéraire, Camille Germser a éprouvé le désir d’adapter Federigo sur scène.  

 

Germser, un musicien accompli

Mais il y a une constante dans le travail de Germser, et Federigo n’échappe pas à la règle, c’est le recours à la musique. Le metteur en scène, formé au Conservatoire National de Région de Lyon, est un musicien accompli avec un sérieux penchant pour le music-hall et le cabaret. Ces Précieuses Ridicules, librement adaptées du texte de Molière, sont un exemple en la matière. Pensé pour la troupe de comédiennes/danseuses/chanteuses de la Boulangerie, le spectacle offre une débauche de plumes, de chorégraphies et d’humour pour mettre au jour les dérives du snobisme.  

Avec Federigo, la forme est plus modeste, puisque le spectacle est accueilli dans le Studio du Théâtre de la Croix-Rousse et ne compte que deux interprètes. Pour autant, la pièce ne devrait pas être moins baroque, puisqu’aux côtés de Vincent Heden, comédien familier des comédies musicales, qui incarne Federigo, on retrouvera Charlène Duval, figure travestie des cabarets parisiens. Personnage imaginé par Jean-Philippe Maran aux débuts des années 1990 au Piano-Zinc, bar gay au cœur du Marais à Paris, Charlène Duval se produit depuis dans de nombreuses revues et autres one-woman-shows mêlant tours de chant et sketches. Il y a donc fort à parier que cette diva hexagonale saura transcender l’irrévérence des mots de Mérimée. 

 

Federigo, du 12 au 22 décembre au Théâtre de la Croix-Rousse, place Joannès Ambre-Lyon 4 / 04.72.07.49.49 www.croix-rousse.com 

 

© Rémy Huart

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