En dépit des incertitudes liées à la crise sanitaire, le Collectif Fiertés en Lutte (CFL) a commencé à plancher sur l’organisation d’une Marche des fiertés lyonnaise le 12 juin 2021 et a décidé de plusieurs changements.

Y aura-t-il une Pride à Lyon cet été ? Bien malin·e qui peut se risquer à donner une réponse. L’an dernier, la Marche des Fiertés LGBT lyonnaise avait dû être annulée pour cause de pandémie et remplacée par un rassemblement en octobre sur la place Bellecour. L’édition 2019 avait déjà connu le même sort, cette fois en raison de pluies diluviennes et d’altercations en tête de cortège. Cela fera donc bientôt trois ans que Lyon n’a pas connu de véritable Pride… Entretemps, l’association organisatrice a changé de nom – la Lesbian and Gay Pride (LGP) est devenue le Collectif Fiertés en Lutte (CFL) – et surtout d’équipe : de nouveaux militants, plus jeunes, ont été élus fin 2019 sur la promesse d’une transformation radicale de la Marche. Leur première Pride est donc très attendue.

Afin d’être prêt au cas où une éventuelle amélioration sanitaire autoriserait la tenue d’événements publics le 12 juin 2021, le CFL a organisé, jeudi 4 février, une réunion publique en visioconférence, ouverte à tout le monde. Elle a été suivie d’une assemblée générale, durant laquelle les personnes physiques ou morales à jour de cotisation (onze au total) ont voté en faveur des décisions suivantes :

  • Les associations pourront toujours avoir un char et participer au Village associatif, tout comme les commerces communautaires (boîtes et bars gays, lesbiens ou friendly) ou « qui soutiennent les activités LGBTI+ tout au long de l’année ». Exit donc les chars de Radio Scoop ou du site Achetergay.com, qui avaient cristallisé une bonne partie des oppositions en 2019.
  • La Marche sera composée à la fois d’un cortège mixte et de cortèges où les personnes qui le souhaitent pourront se retrouver en non-mixité.
  • Les élu·es qui participeront à la Marche ne devront pas être identifiables en tant que tel·les (par une écharpe tricolore notamment). La place des élu·es et des partis politiques au sein de la Marche fait débat depuis de longues années. En 2017 déjà, la LGP avait pris la décision de ne plus les laisser tenir la banderole de tête du cortège, comme cela avait longtemps été le cas. La plupart restait cependant dans le “carré de tête” de la Marche.
  • Au sein du Village, une scène sera installée pour que des discours puissent y être lus.
  • Pour tenir compte des contraintes sanitaires, la Marche, la Quinzaine des Fiertés et le Village associatif seront préparés « à la fois en virtuel et en réel ». Il s’agit bien entendu de prévoir une solution de repli, au cas où la pandémie empêcherait, cette année encore, la Marche d’avoir lieu.

À noter que si un peu plus d’une douzaine d’organisations avaient envoyé des représentant·es pour assister à cette réunion publique à distance (parmi lesquelles SOS homophobie, le Centre LGBTI, Keep Smiling, Cabiria, Frisse…), seules deux d’entre elles ont pris part au vote. Reste donc à savoir comment les associations lyonnaises (le Centre LGBTI en rassemble plus d’une trentaine) réagiront à ces décisions et dans quelle mesure elles s’impliqueront dans la préparation de la prochaine Marche. Le CFL vient d’ailleurs d’appeler toutes les personnes en accord avec les valeurs de sa Charte à le rejoindre pour participer à l’organisation de l’événement, dont chacun·e souhaite qu’il puisse avoir lieu cet été.

2 Réponses à “Pride de Lyon : ce qui va changer en 2021”

  1. Maxime L.

    Bjr,
    Petit point de rédaction : SOS homophobie 🙂

    .. Pas de place à un « H ».. l’homophobie ne mérite pas de majuscule ^_^

    Merci pour votre article qui résume bien les échanges !

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